Lubumbashi / Covid-19 : 7 jours de garde à vue et une amende de 15.000Fc, « il y a un risque de transformer les cachots en foyers de contamination » (Société civile)
Le cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga, a salué lundi 09 août, la mesure prise par le maire de la ville de Lubumbashi, Ghislain Robert Lubaba, de conditionner l’accès au centre ville, dans les lieux publics et privés, accueillant du public sur l’étendue de la ville par le port obligatoire du masque de protection.
Selon l’arrêté signé le 7 août par le maire Lubaba, consulté par CongoRassure , «l’accès au centre ville de Lubumbashi est désormais conditionné par le port du masque. Des points de contrôle seront mis en place pour faire respecter cette mesure à partir du lundi 9 août 2021. Le contrevenant se verra infliger 7 jours d’emprisonnement et une amende de 15 000 francs congolais » précise le document.
Cependant, cette structure citoyenne note plutôt une inquiétude face à certaines mesures édictées par l’autorité municipale, elle craint que cela ne pénalise la liberté des individus. « Pourquoi ne peut-il pas se limiter à la simple garde à vue parce que c’est prévu par la loi, plutôt que d’arriver à une privation de liberté de plus de 7 jours ? », s’interroge Freddy Kasongo.
« En réalité, nous exprimons nos inquiétudes concernant une garde à vue de 7 jours, alors que nos bureaux de police n’ont pas la capacité d’accueillir un grand nombre des personnes, avec tous les risques de transformer ces lieux en foyers de propagation de la maladie de Covid-19 », poursuit-il.
Et de s’interroger également sur le rôle que doit jouer la Police Nationale Congolaise durant cette période, où elle a été instruite d’arrêter toute personne qui irait à l’encontre de la mesure du port obligatoire de masque, « car l’histoire récente nous montre par exemple qu’à Kinshasa, il y a des policiers ont fini par tuer des civils parce que ces derniers n’avaient pas porté de masque », rappelle-t-il.
Par conséquent, la société civile demande au maire de la ville de Lubumbashi de clarifier cette décision. « Il faut plutôt donner plus des détails afin d’éviter les dérives et les tracasseries de la population. Identifier les unités de la police et de l’armée qui sont censées être autorisées à faire appliquer cette décision et expliquer comment ces unités spécialisées peuvent être identifiées par la population » insiste le représentant de la structure citoyenne.
Par la Rédaction.