Lualaba : Tribunal sur le Congo, Louis Kamwenyi représente l’autorité provinciale aux audiences de Kolwezi
Le président de l’assemblée provinciale du Lualaba, représentant le gouverneur, a assisté à l’ouverture des audiences à Kolwezi du Tribunal sur le Congo.
La salle Manika des sessions plénières de l’assemblée provinciale du Lualaba a servi de cadre jeudi à l’ouverture des audiences du « Tribunal du Congo », où le géant des matières premières Glencore exploite deux des plus grandes mines de cobalt du monde, dans la région minière de Kolwezi.
Louis Kamwenyi a demandé au public de prêter attention à ce qui va se passer dans la salle, « quand on suit le théâtre de Molière : avare, on ne perd pas son temps à rire, mais on apprend une leçon. En bref, l’écrit est important pour la vie de chacun. C’est pourquoi je vous invite à découvrir en profondeur ce qui va être fait. »
Pendant trois jours, des enquêteurs et des membres du jury international et local vont examiner la responsabilité des élites politiques et des multinationales dans une série de violations des droits de l’homme, de pollution environnementale et de corruption.
Les auditions de Kolwezi sont une enquête menée par la société civile sur l’affaire Gécamines et les négociations des contrats miniers. Elle a été initiée par les organisations de la société civile Lemafrika de Bukavu, Afriwatch de Lubumbashi et International Institute Of Political Murder (IIPM).
A l’ouverture, Me Sylvestre Bisimwa, qui joue le rôle de président du Tribunal, a démontré que la RDC est riche en ressources minières, clé de l’industrialisation et du développement technologique occidental. La RDC est dans une situation d’Etat failli, fragilisée par une succession de guerres, est en proie aux activités des multinationales.
« Le Tribunal sur le Congo est un tribunal symbolique, pour montrer les choses comme elles doivent être faites. C’est un modèle qui applique les règles relatives à un procès équitable, un tribunal où les personnes invitées sont sur un pied d’égalité. C’est un tribunal où personne ne va écraser l’autre à cause de sa puissance économique, c’est le seul qui juge tout le monde et qui n’a peur de personne, c’est un modèle utopique mais idéaliste que si nous voulons établir à long terme ici au Congo », a dit, Me Sylvestre.
Selon lui, les guerres civiles qu’a connues le Congo ont causé plus de 6 millions de morts. La majorité de ces crimes n’ont jamais été poursuivis, n’ont jamais été réprimés jusqu’à aujourd’hui. Une situation incompréhensible », a-t-il déclaré.
Le rôle passif de la Gécamines dans le contrat de Kamato avec les investisseurs
Lors de l’audience de jeudi, plusieurs experts ont défilé devant le président du Tribunal, démontrant le rôle « passif » de la Gécamines, suivant la pression des politiciens et qualifié d’une autre manière de « complice ».
Pour l’avocat et défenseur des droits de l’homme Fabien Mayani, il a résumé la manière dont s’est déroulé le contrat entre Kamato Company Of Congo (KCC) et Katanga Mining, qui n’était pas un acteur au début des négociations. Dans sa phase initiale, KCC travaillait, et travaille toujours, sur la mine la plus importante de la Gécamines.
La mine de Kamoto représente plus de 60% des réserves de la Gécamines au Congo. Le processus contractuel a abouti à la création d’un contrat ou d’une fusion d’une seule société. C’est à ce moment que Glencore arrive, remplaçant certains acteurs du projet Kamoto.
Cependant, il regrette la manière dont le contrat Kamoto a été géré. D’abord, dans un contexte de « proximité » entre les opérateurs contractants (investisseurs) et le gouvernement en place. Ensuite, dans une période de transition. La transition politique (après les belligérances) et la préparation des élections de 2006.
Selon lui, des mesures urgentes doivent être prises, pour évaluer de manière exhaustive tous les contrats miniers, la renégociation ou l’annulation de certains contrats miniers, la mise en place par le gouvernement congolais d’une commission d’experts indépendants pour évaluer les contrats et afin que la justice puisse se saisir des différents cas documentés par de nombreux rapports. Aussi, de garder un œil sur les différents contrats.
Son prédécesseur, Barthélemy Mumba Gama, est avocat et agriculteur. Il a été ancien ministre provincial des mines et des affaires foncières de Moïse Katumbi, de l’agriculture, député national honoraire, pour parler de la situation économique dans laquelle se trouve la RDC, notamment de la Gécamines comme poumon ou force économique.
Selon Barthelemy, « le pays venait d’organiser des élections, après une transition démocratique de 1+4 avec une succession de rébellions. Les contrats miniers qui étaient négociés, avant même le code minier de 2003, étaient censés être faits par des techniciens de la Gécamines, dit-il, mais c’était devenu une affaire de politiciens, de la Présidence de la République ou du gouvernement provincial qui pilotaient en réalité les négociations sur les contrats miniers.
Il sied de souligner que les audiences se sont poursuivies ce vendredi avec deux cas, celui du village Kaindu et la pollution de l’environnement et celui du village Kabwe et la destruction de l’habitat.
Adrien Ambanengo