En marge de la convention annuelle de la Prospectors & Developers Association of Canada Convention 2026 (PDAC), organisée à Toronto au Canada, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a présenté ce lundi 9 mars 2026 le« projet MIFOR», une initiative destinée à structurer et développer la filière du fer en République démocratique du Congo (RDC).
D’après une dépêche de la cellule de communication du ministère des Mines, ce programme s’inscrit dans une vision ambitieuse visant à valoriser les importantes réserves nationales, estimées à plus de 20 milliards de tonnes de minerais de fer. L’objectif est notamment d’attirer de nouveaux investissements, de créer des emplois et de générer davantage de valeur ajoutée pour l’économie congolaise.
Dans cette perspective, la mise en valeur du fer apparaît comme un levier stratégique pour la diversification et l’industrialisation de l’économie nationale, longtemps dépendante de l’exportation brute de ses ressources minières.
Du 1er au 4 mars 2026, la RDC a occupé une place de premier plan lors de cette grand-messe mondiale de l’industrie minière organisée chaque année à Toronto et considérée comme l’un des plus importants rendez-vous du secteur. Conduite par Louis Watum Kabamba, la délégation congolaise y a défendu une vision ambitieuse : transformer l’immense potentiel minéral du pays en levier de développement durable, d’industrialisation et de souveraineté économique.
Dans un contexte international marqué par une compétition accrue autour des minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale, la participation congolaise à cette édition du PDAC s’est voulue bien plus qu’une présence diplomatique. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à repositionner la République démocratique du Congo au cœur des chaînes d’approvisionnement mondiales en métaux de transition.
Devant un parterre d’investisseurs, de dirigeants d’entreprises minières et de décideurs internationaux réunis lors du forum « Mining Investment in Africa » et du programme « Spotlight on DRC », le ministre des Mines a insisté sur la nécessité pour les pays africains de dépasser le modèle d’exportation brute des ressources naturelles.
Selon lui, la valorisation des minerais doit désormais intégrer la connaissance géologique, la transformation industrielle et la maîtrise des chaînes de valeur. Une orientation qui s’inscrit dans la vision stratégique portée par le président Félix Tshisekedi et mise en œuvre par le gouvernement sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Cependant, malgré les défis sécuritaires persistants dans certaines régions de l’Est du pays, la République démocratique du Congo continue d’afficher des performances remarquables dans le secteur minier. La production annuelle de cuivre dépasse désormais les trois millions de tonnes.
Parallèlement, le cobalt, minerai stratégique pour les batteries électriques et les technologies vertes, connaît une forte valorisation sur les marchés internationaux. Son prix est passé d’environ 20 000 dollars à près de 55 000 dollars la tonne ces dernières années.
Dans ce contexte, les autorités congolaises entendent capitaliser sur ces ressources pour accélérer l’industrialisation du pays et renforcer sa place dans l’économie mondiale des métaux stratégiques.
Gloire MALUMBA