Accélérer l’intégration économique entre l’Europe et l’Afrique et renforcer les échanges commerciaux entre les deux continents. C’est l’un des principaux enjeux au cœur de l’« EuropAfrica Investment Forum 2026 », organisé ce vendredi 3 septembre 2026 au siège du Parlement européen à Bruxelles, sous son haut patronage, par « CREDASSUR GROUP », présidé par Mme Esther Misheng.
Placée sous le thème « Zone de libre-échange Europe-Afrique, commerce UE-Afrique et intégration régionale », la rencontre a réuni plusieurs personnalités africaines et européennes, parmi lesquelles Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur de la République Démocratique du Congo, Justine Nthomeng Majara, vice-Première ministre du Lesotho, Koen Doens de la Commission européenne, Louis Michel, ministre d’État belge, et Lindiwe Dlamini, présidente du Sénat d’Eswatini.
La ZLECAf au cœur des discussions
Les participants ont notamment comparé les trajectoires d’intégration économique de l’Europe et de l’Afrique. Si la construction Européenne, amorcée avec la création de la Communauté économique européenne (CEE) en 1957, a nécessité plusieurs décennies, les acteurs africains entendent accélérer leur propre processus d’intégration à travers la Zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAf).
Entrée en vigueur en 2019 et ratifiée par la RDC en 2021, la ZLECAf rassemble progressivement les économies africaines autour d’un marché continental. Selon les données présentées au Forum, 54 des 55 pays Africains ont signé l’accord.
Les échanges ont également porté sur les mécanismes destinés à faciliter le commerce intra-africain, notamment le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), qui permet de faciliter les transactions transfrontalières en monnaies locales.
Trois priorités pour renforcer les échanges
Les participants ont identifié trois principaux leviers pour approfondir le partenariat entre l’Europe et l’Afrique.
Le premier consiste à développer davantage le commerce intra-africain, dont la part reste inférieure à celle observée sur d’autres continents. Le deuxième vise à réduire la dépendance au modèle d’exportation des matières premières en favorisant la transformation locale et les investissements industriels, notamment dans des secteurs stratégiques comme les batteries et les véhicules électriques.
Le troisième levier concerne le développement des infrastructures et de l’énergie. Le projet hydroélectrique d’Inga en République Démocratique du Congo a notamment été cité comme un exemple de projet susceptible de contribuer à l’industrialisation du continent.
Les discussions ont également porté sur l’initiative Européenne « Global Gateway », avec un appel à mieux orienter ses financements vers les infrastructures, l’énergie et les investissements productifs en Afrique.
Vers une nouvelle feuille de route UE-Afrique
Parmi les personnalités présentes figuraient également l’ambassadeur de l’Union Africaine auprès de l’Union Européenne, Ali Yakoub Mahamoud, les sénateurs Congolais Modeste Bahati Lukwebo et Vicky Katumwa, la sénatrice belge Marie-Claire Mvumbi, le ministre d’État Belge André Flahaut ainsi que le député Européen Benoît Cassart.
Au terme des échanges, les participants ont appelé à faire évoluer la relation entre l’Europe et l’Afrique vers un partenariat davantage fondé sur le commerce, l’investissement et l’industrialisation, au-delà de la seule logique de l’aide au développement.
Le Forum a ainsi recommandé l’organisation d’une réunion conjointe entre la Commission Européenne et la Commission de l’Union Africaine afin d’élaborer une nouvelle feuille de route stratégique.
L’objectif affiché est de faire de la ZLECAf un véritable levier d’intégration économique et d’offrir aux investisseurs un marché continental suffisamment vaste pour favoriser la création de chaînes de valeur, la transformation locale et une prospérité partagée entre les deux continents.
La rédaction