La tension est montée d’un cran au sein du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) au Nord-Kivu. En grève depuis près de trois mois, les agents affectés dans les territoires de Beni, Lubero, Masisi et Walikale ont été suspendus par leur hiérarchie, une décision qui a immédiatement suscité une vive contestation.
Dans une déclaration rendue publique ce samedi, les agents grévistes ont non seulement rejeté la mesure de suspension, mais ont également désavoué le coordonnateur provincial du P-DDRCS, Sukisa Ndayabaje, qu’ils accusent de diviser le personnel et de porter atteinte à l’image du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, président du comité de pilotage du programme.
Selon les grévistes, leur mouvement est motivé par des revendications professionnelles restées sans réponse depuis plusieurs mois. Ils dénoncent par ailleurs ce qu’ils qualifient d’actes d’intimidation, affirmant que le coordonnateur provincial les aurait convoqués devant l’auditorat militaire.
« Nous allons nous y rendre pour comprendre les raisons pour lesquelles il nous traduit devant la justice », ont déclaré les agents grévistes, dénonçant une tentative de criminalisation d’un mouvement qu’ils estiment légitime et pacifique.
Les agents affirment que cette démarche judiciaire ne contribue ni à l’apaisement du climat social ni à la bonne mise en œuvre du P-DDRCS, un programme stratégique censé accompagner la stabilisation et la pacification de l’Est de la République démocratique du Congo.
Pour l’heure, aucune réaction officielle du coordonnateur provincial mis en cause n’a été rendue publique. Cette situation risque toutefois d’affecter davantage le fonctionnement du P-DDRCS dans une province déjà confrontée à d’importants défis sécuritaires et sociaux.
Diddy MASTAKI