Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) a dénoncé, lundi 9 mars, ce qu’il qualifie de « climat de terreur intellectuelle » dans l’espace public en République démocratique du Congo, accusant le pouvoir en place de chercher à intimider les voix critiques dans un contexte marqué par des discussions autour d’une éventuelle modification de la Constitution.
Dans un communiqué publié à Kinshasa, le mouvement citoyen affirme que toute voix divergente face aux projets de réforme constitutionnelle serait désormais confrontée à des menaces ou à des campagnes de stigmatisation.
Selon la LUCHA, le débat politique autour d’une révision de la loi fondamentale intervient alors que le pays fait face à une crise sécuritaire persistante dans sa partie orientale. Le mouvement estime que les priorités nationales devraient plutôt se concentrer sur la stabilisation des provinces touchées par les violences armées, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri.
Le groupe citoyen accuse également la rébellion du M23 et de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), qu’il dit soutenue par le Rwanda, de continuer à occuper certaines zones de l’Est congolais, entraînant massacres et déplacements de populations.
« Engager le pays dans un chantier constitutionnel clivant alors que l’intégrité du territoire national est compromise constitue une erreur politique », estime la LUCHA dans son communiqué, ajoutant que la priorité devrait être de « libérer les territoires sous contrôle des groupes armés et restaurer la dignité des populations ».
Le mouvement insiste également sur le fait que la Constitution représente, selon lui, « le pacte républicain du peuple » et ne devrait pas être utilisée comme un instrument politique. Dans ce contexte, la LUCHA met en garde contre toute tentative de « glissement institutionnel » qui pourrait, selon elle, permettre au président Félix Tshisekedi de prolonger son maintien au pouvoir.
Le mouvement appelle les citoyens à rester vigilants et rappelle les dispositions de l’article 64 de la Constitution congolaise, qui prévoit le devoir pour chaque citoyen de s’opposer à toute prise de pouvoir exercée en violation de la loi fondamentale.
Dans ses recommandations, la LUCHA demande au gouvernement congolais de prioriser trois actions : la sécurisation de l’Est du pays, la fin des intimidations contre les voix critiques et l’organisation d’un dialogue national qu’elle juge nécessaire pour résoudre la crise sécuritaire et institutionnelle.
Fondée en 2012 à Goma, la LUCHA est un mouvement citoyen non partisan connu pour ses campagnes en faveur de la démocratie, de la bonne gouvernance et du respect de la Constitution en RDC.
Diddy Mastaki