Le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution refait surface en République démocratique du Congo, à la suite d’initiatives portées par certains membres de la majorité présidentielle. Des responsables politiques proches du pouvoir défendent l’idée d’une réforme de la loi fondamentale, qu’ils jugent nécessaire pour consolider la stabilité institutionnelle et répondre aux défis sécuritaires du pays.
S’exprimant sur cette question, le député et ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a établi une distinction entre deux notions qu’il juge fondamentales dans le débat juridique. « La révision de la Constitution est constitutionnelle, tandis que le changement de la Constitution n’est pas constitutionnel », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la loi fondamentale congolaise prévoit elle-même les mécanismes permettant d’en modifier certaines dispositions.
Dans cette dynamique, Mardochée Nsele, membre de la coalition au pouvoir, l’Union sacrée de la nation, a annoncé le lancement d’une pétition populaire visant à soutenir une initiative de révision constitutionnelle. Selon ses promoteurs, cette démarche s’appuie sur l’article 218, alinéa 4 de la Constitution congolaise, qui prévoit la possibilité pour les citoyens de proposer une révision à travers une pétition.
D’après Mardochée Nsele, cette initiative vise notamment à accorder au président de la République, Félix Tshisekedi, un mandat spécial de douze ans. Les partisans du projet estiment qu’un tel dispositif constituerait une « mission historique » destinée à restaurer durablement la paix dans l’Est du pays et à renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Les initiateurs du projet affirment également que la réforme permettrait d’introduire de nouveaux garde-fous constitutionnels pour prévenir toute tentative de balkanisation, d’infiltration ou de déstabilisation de la République démocratique du Congo.
Pour ses défenseurs, la priorité demeure la pacification du pays, notamment dans les provinces orientales en proie aux violences armées. Ils soutiennent que la Constitution ne devrait pas constituer un obstacle à la continuité des efforts visant à stabiliser l’État lorsque, selon eux, « l’intérêt supérieur de la nation » est en jeu.
Cependant, cette initiative intervient dans un contexte de fortes tensions politiques. Plusieurs organisations de la société civile et mouvements citoyens ont déjà exprimé leurs réserves, estimant qu’un tel projet pourrait raviver les débats sur la limitation des mandats présidentiels et l’équilibre des institutions.
Le débat sur la révision constitutionnelle s’annonce ainsi comme l’un des sujets politiques majeurs dans les mois à venir en République démocratique du Congo, alors que le pays fait face simultanément à une crise sécuritaire persistante dans sa région orientale.
Diddy Mastaki