Dans le cadre de sa participation à la conférence annuelle Transforming Transportation Conference, organisée par la Banque mondiale, le ministre des Infrastructures et Travaux publics de la République Démocratique du Congo (RDC), John Banza Lunda, a défendu une vision ambitieuse d’interconnexion régionale, soulignant le rôle stratégique de la RDC dans les réseaux logistiques Africains.
Lors de son intervention, mercredi 11 mars 2026, le ministre a notamment évoqué le projet routier reliant Kasindi, Beni et Butembo, sur un axe de 235 kilomètres. Selon lui, l’amélioration de cette infrastructure pourrait permettre à la production de cacao de passer de 2 à 5 milliards de dollars, renforçant ainsi l’impact économique de la région.
Insistant sur la position géographique de la RDC, John Banza Lunda a rappelé que le pays se trouve « véritablement au cœur de tous ces corridors qui s’entrecroisent », ce qui lui confère un rôle clé dans la structuration des corridors logistiques Africains.
La veille, lors d’un panel consacré aux corridors résilients, le ministre avait déjà mis en avant le Corridor de Lobito, présenté comme un projet stratégique pour faciliter l’exportation des minerais congolais et l’importation de biens essentiels.
Dans la même logique, le projet PACT vise à relier la partie Est du pays au corridor central connecté aux ports de Dar es Salaam et de Mombasa, tout en assurant une liaison avec celle de l'Ouest de la RDC via une combinaison de transports ferroviaire, routier et fluvial par le fleuve Congo. Avec onze corridors traversant son territoire, le gouvernement Congolais ambitionne de faire de la RDC un moteur de l’intégration sous-régionale.
Dans le prolongement de ce plaidoyer, une séance de travail s’est tenue mardi 10 mars avec les responsables de la Banque mondiale pour examiner l’accélération du financement du Corridor de Lobito. La réunion avec Binyam Reja, représentant de l’institution, a porté sur la demande de financement d’un milliard de dollars introduite par la RDC.
L’institution financière s’est dite prête à finaliser le processus, sous réserve de la transmission des dernières données techniques. À cet effet, le ministre a mis en place une commission ad hoc chargée d’élaborer un mémorandum technique.
Les autorités Congolaises rappellent toutefois que l’efficacité du Corridor de Lobito dépendra également de la réhabilitation et de la modernisation des corridors internes du pays, soulignant l’importance d’une approche intégrée pour renforcer la logistique régionale.
Gloire MALUMBA