Au lendemain du massacre survenu le 11 mars 2026 dans le territoire de Djugu, en province de l’Ituri, Ucircan Bule Chrisante Ibrahim, membre suspendu du gouvernement provincial et cadre politique de l’Union Sacrée de la Nation (USN), a adressé une lettre ouverte au gouverneur militaire de la province, le Lieutenant-Général Luboya N’Kashama Johnny.
Dans cette correspondance rendue publique le 12 mars, l’ancien ministre provincial exprime sa profonde indignation face aux violences qui ont coûté la vie à plusieurs dizaines de civils, parmi lesquels des femmes et des enfants, selon des sources locales. L’attaque est attribuée au groupe armé Coopérative pour le Développement du Congo (CODECO), actif dans plusieurs zones du territoire de Djugu.
Dans sa lettre, Ucircan Bule présente ses condoléances aux familles des victimes et rappelle que ce drame intervient dans un contexte sécuritaire fragile, malgré certaines initiatives entreprises par les autorités provinciales pour stabiliser la région.
L’ancien responsable provincial reconnaît notamment certaines avancées, dont les projets d’infrastructures et le partenariat public-privé visant la modernisation de la Route nationale n°27, tout en soulignant que ces efforts restent fragilisés par la persistance des violences armées.
Dans un passage marquant de son message, il appelle les autorités à adopter une position ferme face à l’ensemble des groupes armés opérant dans la province.
« Il n’y a pas de bons d’un côté et de mauvais de l’autre. La vie humaine doit être respectée sans compromis », écrit-il dans sa lettre.
Ucircan Bule invite également le gouverneur militaire à dissiper les perceptions d’ambiguïtés qui circulent dans l’opinion publique concernant les relations entre les forces régulières et certains groupes armés. Selon lui, il est essentiel que les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) consolident leur crédibilité et démontrent clairement leur engagement à protéger la population.
Dans la même lettre, il appelle le gouvernement central à poursuivre son appui aux forces de sécurité et à clarifier le processus de recrutement au sein de la Réserve Armée de la Défense (RAD), afin d’éviter toute confusion susceptible d’alimenter les tensions dans la province.
Le cadre politique adresse un message de solidarité aux habitants de Djugu et de l’ensemble de l’Ituri, les encourageant à garder espoir et à continuer de croire au retour durable de la paix dans la région.
Cette prise de position intervient alors que l’insécurité demeure une préoccupation majeure en Ituri, où les attaques de groupes armés continuent d’affecter les populations civiles malgré les efforts militaires engagés pour stabiliser la province.
Joël Heri Budjo