Le député national Willy Mishiki a affirmé lundi à Kinshasa qu’il demeure président du collège des sages de la Coalition nationale des volontaires pour la défense de la patrie (Wazalendo-CNVDP), malgré sa destitution et sa radiation de cette plateforme annoncées le 13 mars dernier.
Selon la coalition, l’élu du territoire de Walikale (Nord-Kivu) avait été écarté de ses fonctions pour des « antivaleurs pouvant embraser la RDC ». Mais lors d’une mise au point devant la presse, Willy Mishiki a rejeté ces décisions et soutenu qu’il conserve toujours ses responsabilités au sein du mouvement.
« L’ennemi veut transporter la guerre de l’Est vers l’Ouest, c’est-à-dire Kinshasa. Il voudrait utiliser un groupe de Wazalendo que nous avons, grâce à la vigilance de nos compatriotes, déniché. Aujourd’hui ils sont sous contrôle, il n’y a pas de problème et tout se passe bien. Je suis président du conseil d’administration de Wazalendo », a-t-il déclaré.
Dans le même temps, l’élu a appelé les membres de l’Union sacrée de la Nation, la plateforme soutenant le président Félix Tshisekedi, à renforcer leur engagement face à l’agression dans l’est du pays.
« Le baromètre aujourd’hui à l’Union sacrée, c’est l’engagement vis-à-vis de l’agression. Ce n’est pas une affaire de Félix Tshisekedi seul. Si vous êtes membre de la majorité présidentielle et que vous ne vous engagez pas dans ce combat, nous vous considérons comme étant de mèche avec l’ennemi », a-t-il affirmé, se présentant comme cofondateur de cette coalition.
Abordant par ailleurs la question du débat sur un éventuel changement de la Constitution congolaise, Willy Mishiki s’est déclaré favorable à une révision de la loi fondamentale, qu’il estime avoir « démontré ses limites ».
Il propose l’organisation d’une table ronde réunissant acteurs politiques et représentants de la société civile afin d’évaluer le fonctionnement des institutions.
« Il faut que les gens se regardent en face pour se dire si cette Constitution, vieille de 20 ans, permet réellement aux institutions de fonctionner. Nous sommes à deux ans des élections générales mais nous n’avons même pas encore de fichier électoral ni entamé les réformes de la Commission électorale nationale indépendante », a-t-il expliqué.
Selon lui, une réforme constitutionnelle permettrait de « remettre le compteur à zéro », ouvrant la voie à une nouvelle configuration politique où « tout le monde pourrait se présenter », y compris l’ancien président Joseph Kabila.
Willy Mishiki estime enfin que toute modification de la Constitution devrait passer par un référendum, conformément à l’article 5 qui stipule que « le pouvoir appartient au peuple ».
Pacheco Kavundama