La riposte contre la maladie à virus Ebola suscite de vives inquiétudes en province de l’Ituri, où la société civile dénonce l’absence de moyens logistiques et financiers suffisants pour faire face à l’épidémie dans plusieurs structures sanitaires.
La coordination provinciale de la société civile, forces vives de l’Ituri, affirme que des malades ainsi que des membres du personnel soignant restent exposés à la maladie, faute de dispositifs adéquats de prise en charge et de protection.
Selon maître Jean-Marie Ezadri, coordonnateur intérimaire de cette structure citoyenne, même les numéros verts mis en place pour signaler des cas d’urgence ne sont pas encore opérationnels. Il déplore le retard observé dans la gestion de la riposte et appelle les autorités congolaises ainsi que les partenaires sanitaires à prendre des mesures urgentes et conséquentes afin de sauver des vies humaines.
« Les moyens logistiques et financiers tardent toujours à être déployés », alerte-t-il.
Pendant ce temps, la situation demeure préoccupante dans la commune rurale de Mongbwalu, en territoire de Djugu, où l’hôpital général fait face à d’importantes difficultés dans la lutte contre l’épidémie.
D’après les responsables sanitaires locaux, plus de 70 cas suspects d’Ebola y sont déjà recensés, dont neuf (09) cas confirmés. Tous les patients confirmés sont décédés.
Le médecin directeur de l’hôpital général de Mongbwalu, le docteur Richard Lokudo, évoque plusieurs défis majeurs, notamment le manque d’équipements de protection, l’absence de formation adéquate du personnel soignant ainsi que des cas d’évasion de certains malades.
Il indique également que plusieurs organisations humanitaires sont encore en phase préparatoire, une situation qui, selon lui, complique davantage la prise en charge efficace des cas et ralentit les interventions sur le terrain.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour réclamer une accélération de la riposte sanitaire afin d’éviter une aggravation de l’épidémie dans cette partie de l’Ituri.
Joël Heri Budjo