Le Gouvernement provincial du Sud-Kivu a publié le mercredi 10 décembre un communiqué officiel alertant sur la gravité de la situation sécuritaire dans la ville d’Uvira et ses environs, après les violences meurtrières du 09 décembre 2025. Le document dresse un bilan particulièrement lourd et évoque une crise humanitaire majeure.
Selon le communiqué n°67/MIN/COMM-MEDIAS/SK/2025, la ville d’Uvira est restée calme durant la nuit du 9 au 10 décembre grâce à la présence renforcée des forces de défense et de sécurité déployées sur les principaux axes. Toutefois, les autorités provinciales affirment que les éléments visibles dans la ville seraient des forces spéciales rwandaises, appuyées par des « mercenaires étrangers », opérant en violation du cessez-le-feu et des accords de Washington et de Doha.
À la suite d’une visite effectuée le 07 décembre par le Gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, dans les centres de santé et hôpitaux d’Uvira, le gouvernement provincial confirme la mort de plus de 413 civils. Les victimes ont été tuées par balles, grenades ou bombardements dans plusieurs localités, notamment Kamanyola, Katogota, Luvungi, Bwegera, Luberizi, Mutarule, Lemera, Sange et Kiliba jusqu’à Uvira. Des femmes, des enfants et de nombreux jeunes figurent parmi les personnes tuées.
Le communiqué insiste sur le fait que ces violences ne relèvent pas d’actes spontanés mais d’une stratégie délibérée de carnage, visant particulièrement les familles considérées comme proches des groupes de résistance locaux. L’objectif présumé serait de briser toute capacité de résistance, semer la terreur et provoquer des déplacements forcés.
La situation a entraîné un mouvement de déplacement massif des populations. Selon les autorités provinciales, plus de 200 000 personnes ont fui Uvira, souvent dans des conditions extrêmement précaires. Le gouvernement provincial déplore l’absence de mécanismes suffisants d’assistance humanitaire et appelle à une intervention rapide pour éviter une aggravation de la crise.
Face à la gravité des violations des droits humains rapportées, le Gouvernement du Sud-Kivu appelle la communauté nationale et internationale à une mobilisation immédiate. Il alerte sur le risque d’un nouveau carnage à grande échelle si aucune action urgente n’est entreprise pour protéger les civils et rétablir durablement la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Diddy MASTAKI