Le commerce et les activités scolaires n'ont pas tourné ce mardi 13 janvier, en ville de Butembo, province du Nord-Kivu, dans l'Est de la République Démocratique du Congo.
Des groupes de pression et mouvements citoyens de la ville ont appelé à l'observance d'une journée sans activités ce mardi. Objectif, dénoncer l'insécurité grandissante, caractérisée par des meurtres et vols à main armée.
Au centre-ville, les opérateurs économiques ont obtempéré cet appel. Galeries, magasins et boutiques sont restés fermés. Les sociétés de télécommunications et de micro-finance, station-services et maisons de pari-foot n'ont pas ouvert.
Mbafumoja Ahadi, commerçant rencontré devant sa boutique fermée, témoigne d'un geste interpellateur pour les autorités administratives et services de sécurité.
« C'est une interpellation pour les autorités et services de sécurité, censés nous protéger. Parce que ceux sont tués, ce sont nos clients », lance-t-il.
Cependant, une autre commerçante des pièces de rechange des véhicules automobiles considère cette démarche des journées sans activités moins fructueuses.
« Ces groupes de pression, en un moment, devraient se réunir pour évaluer les précédentes journées ville-morte si elles ont eu d'impact. Je crois qu'on n'est pas en train d'évoluer », déclare-t-elle sous anonymat.
Le secteur éducatif est aussi touché par cette action. Bon nombre d'écoles n'ont pas ouvert. D'autres qui ont tenté, ont dû renvoyer les élèves à la maison. En même temps, des éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC) sont commis dans des carrefours pour étouffer une marche.
La veille, le Président de la Fédération des Entreprises du Congo, FEC/Butembo-Lubero, a exprimé sa vive préoccupation sur les conséquences des journées ville-morte sur l'économie locale. D'après Polycarpe Ndivito, ces actions risquent d'engloutir l'économie, déjà fragilisée par les conflits armés au Nord-Kivu.
Martin Leku