Intervenant lundi lors du Forum provincial de paix consacré à la problématique des terroristes ADF, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, Evariste Somo, a appelé à l’unité et à une coordination renforcée face à un ennemi qu’il qualifie de « financé de l’extérieur » et déterminé à s’implanter durablement dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Nous ne sommes pas ici pour pleurer mais pour agir », a-t-il martelé devant les autorités politico-administratives, les forces de sécurité, les leaders communautaires et les représentants des forces vives réunis à Beni. Pour lui, après près d’une décennie d’opérations militaires, il est temps de « se regarder entre les yeux » afin de corriger les failles et d’harmoniser les stratégies contre les Allied Democratic Forces (ADF).
Le gouverneur militaire a regretté que l’ennemi ait réussi, selon ses termes, « à nous opposer les uns contre les autres », pendant qu’il consolide progressivement son influence.
« Nous avons un seul ennemi, nous devons avoir une seule stratégie », a insisté Evariste Somo, soulignant la nécessité d’une coordination accrue entre les forces armées, les autorités civiles et les partenaires engagés dans la stabilisation de la région.
Dans son intervention, il a également mis en garde contre l’installation progressive d’un « califat » dans certaines zones sous influence des ADF, appelant à une mobilisation collective pour empêcher toute consolidation durable de ces groupes armés.
Le gouverneur a tenu à rassurer l’opinion sur l’engagement des institutions nationales. Il a affirmé que le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, en sa qualité de Commandant suprême des Forces armées de la République démocratique du Congo, demeure pleinement mobilisé.
« Les forces armées sont mobilisées, les forces vives sont mobilisées ainsi que nos partenaires », a-t-il déclaré, réitérant la détermination des autorités à ne « rien lâcher » face à la menace sécuritaire persistante dans l’Est du pays.
Ce Forum provincial de paix se veut un espace d’évaluation et de redéfinition des stratégies contre les ADF. Les participants ont échangé sur les défis sécuritaires, les causes profondes de l’insécurité et les pistes de solutions durables, notamment le renforcement de la collaboration civilo-militaire et l’implication accrue des communautés locales.
À travers son discours ferme et mobilisateur, le gouverneur militaire du Nord-Kivu a placé la barre haute, passer d’un constat d’usure à une dynamique d’action coordonnée, avec pour objectif prioritaire le rétablissement effectif de la paix et de l’autorité de l’État dans les zones affectées par les violences des ADF.
Daudi Amin