À Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, le bilan humain attribué aux rebelles des ADF continue de s’alourdir. Alors qu’un forum pour la paix se tient au Nord-Kivu, une nouvelle opération militaire conjointe MONUSCO–FARDC vient d’être annoncée.
Le chiffre glace l’assemblée. Au moins 12 750 civils auraient été tués par les combattants des ADF (Forces démocratiques alliées) depuis 2014. À ce bilan s’ajoutent 2 577 blessés et 3 196 personnes portées disparues.
Ces données ont été rendues publiques par Maître Omar Kavota, président du Centre d’Étude pour la Promotion de la Paix et des Droits de l’Homme (CEPADHO), lors de la deuxième journée d’un Forum pour la paix consacré à la problématique des ADF, organisé dans la ville de Beni, fief provisoire de la province du Nord-Kivu.
Une décennie de violences
Actifs principalement dans la région de Beni, Lubero et Irumu, les ADF sont accusés d’avoir multiplié les attaques contre les populations civiles, les petites et grandes agglomérations ainsi que sur les axes routiers stratégiques.
Malgré plusieurs offensives des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) et même l’armée ougandaise dans les opérations Ushujaa, le groupe continue de démontrer une capacité de nuisance significative, étendant parfois ses incursions vers la province voisine de l’Ituri.
Pour les organisations locales de défense des droits humains, le chiffre avancé par le CEPADHO illustre l’ampleur d’une crise sécuritaire chronique, dans une région où les populations vivent sous la menace constante d’attaques nocturnes, d’enlèvements et de massacres.
L’opération “LEROMO” pour relancer la traque
C’est dans ce contexte qu’une nouvelle opération militaire baptisée “LEROMO” vient d’être annoncée ce mardi 24 février 2026. Selon les autorités onusiennes, elle sera menée conjointement par la MONUSCO et les FARDC.
À en croire le commandant de la force de la MONUSCO, cette opération vise à intensifier la traque des combattants ADF, à démanteler leurs bastions et à sécuriser les zones les plus exposées du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Reste à savoir si cette nouvelle offensive produira des résultats durables. Les précédentes opérations conjointes ont permis d’affaiblir certains réseaux logistiques du groupe armé, sans pour autant mettre fin aux violences. Sur le terrain, les habitants de Beni oscillent entre prudence et scepticisme.
Plus d’une décennie après le début de la vague de massacres attribués aux ADF, la question demeure entière, l’est de la RDC peut-il espérer une stabilisation durable sans une réponse sécuritaire, politique et régionale coordonnée ?
Rédaction