En séjour au chef-lieu de la province de l’Ituri, Hubert Furuguta Mukasa, député national élu du Nord-Kivu, a dressé un premier bilan de la situation sécuritaire et socio-économique à Bunia, dans un contexte marqué par l’état de siège décrété dans les provinces de l’Est de la Republique Démocratique du Congo.
Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une mission parlementaire conduite sous l’impulsion du Chef de l’État et coordonnée par le bureau de l'assemblé nationale de la Republique Démocratique du Congo, afin d’évaluer l’évolution de la situation dans les provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Sud-Kivu.
À son arrivée à Bunia, le député national indique avoir privilégié le contact direct avec la population et les leaders d’opinion pour « prendre la température réelle du terrain », au-delà des rapports transmis à Kinshasa.
Selon lui, les premiers échanges révèlent une amélioration progressive de la situation sécuritaire.
« Il ressort de nos discussions que la sécurité serait rétablie à environ 70 %. Ce n’est pas négligeable », a-t-il affirmé, soulignant que cette perception émane de plusieurs couches sociales rencontrées sur place.
L’élu du Nord-Kivu précise que cette appréciation devra être confrontée aux données officielles et aux analyses des services compétents, mais il reconnaît une évolution positive par rapport aux années antérieures.
Au-delà de la sécurité, Hubert Furuguta Mukasa s’est dit marqué par le développement des infrastructures à Bunia. Routes, bâtiments administratifs et autres ouvrages publics témoigneraient, selon lui, d’un effort visible de modernisation.
« Il n’y a aucune commune mesure avec ce que j’ai connu ici il y a quelques années », a-t-il déclaré, estimant que la province amorce une dynamique encourageante malgré les défis persistants.
Le parlementaire a également évoqué une collaboration qu’il juge constructive entre la population et l’autorité provinciale dans le cadre de l’état de siège, notant qu’une majorité des personnes interrogées se disent favorables à la gestion actuelle.
Interrogé sur les voix qui réclament la levée de l’état de siège, le député rappelle que cette mesure relève d’une décision présidentielle. Selon lui, toute évaluation doit tenir compte des objectifs initiaux ayant motivé son instauration.
« C’est au Chef de l’État d’apprécier si les conditions ayant conduit à l’état de siège ont évolué de manière suffisante pour envisager une autre orientation », a-t-il indiqué, tout en reconnaissant l’existence d’opinions divergentes au sein de la population.
La question des groupes armés et des jeunes encore détenteurs d’armes demeure au centre des préoccupations. À ce sujet, l’élu national a lancé un appel au sens de responsabilité. Il estime que la violence ne peut constituer une voie durable vers l’emploi ou l’amélioration des conditions de vie.
« Les jeunes aspirent au travail, à la stabilité et à un avenir meilleur. La prise des armes contre ses propres frères ne peut conduire à ces objectifs », a-t-il déclaré.
Il encourage ainsi les jeunes concernés à privilégier le dialogue et les mécanismes légaux d’expression des revendications, tout en invitant les autorités à renforcer les réponses sociales et économiques.
Une vision de compétitivité et de développement
comparant Bunia à d’autres villes Congolaises, le député évoque une dynamique de compétitivité positive entre provinces. Il cite notamment Goma, longtemps considérée comme l’une des villes les plus dynamiques du pays avant les récentes crises sécuritaires.
Selon lui, Bunia pourrait, à terme, s’imposer comme l’une des villes les plus attractives de la région si la stabilité se consolide et si les investissements se poursuivent.
Hubert Furuguta Mukasa a invité les habitants de l’Ituri à préserver l’unité et à soutenir les initiatives visant à consolider la paix. Pour le député national, la stabilisation complète de la province passe par une synergie entre autorités, forces de sécurité et population civile, avec pour objectif commun : une paix durable et un développement inclusif au bénéfice de tous.
Joël Heri Budjo