La mort d’une humanitaire française dans une explosion liée à un drone à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo dans la nuit du mardi à ce mercredi 11 mars 2026 vient d’être confirmée par le président Français, Emmanuel Macron. Face aux polémiques qui surgissent quant à l’origine de l’attaque, plusieurs voix s’accordent pour dire qu’il s’impose la mise en place d’une enquête indépendante.
Ce mercredi, plusieurs publications largement relayées sur les réseaux sociaux affirment que des drones des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient mené des frappes contre des positions de la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) dans la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.
Un communiqué publié à l’aube par l’AFC/M23 sur son compte X accuse directement les autorités congolaises. La rébellion affirme que la ville aurait été « sous attaque » et que des drones auraient bombardé des zones urbaines, provoquant la mort d’au moins trois personnes, dont une humanitaire française.
Dans son annonce, le mouvement rebelle accuse par ailleurs le « régime de Kinshasa » d’avoir franchi « une nouvelle ligne rouge » en menant des opérations militaires au-dessus d’une zone densément peuplée. L’AFC/M23 évoque également une escalade militaire et accuse le gouvernement congolais de violer un cessez-le-feu censé accompagner les efforts diplomatiques en cours pour tenter de résoudre la crise dans l’est du pays.
Ces accusations sont cependant rejetées par des sources militaires au sein des FARDC. Contactés sous couvert d’anonymat, plusieurs responsables affirment qu’aucune frappe de drone n’a visé une maison habitée par un agent humanitaire.
« Cette information est fausse et ne vise qu’à créer une psychose au sein de la population déjà terrifiée par l’activisme de cette rébellion en ville de Goma », affirme l’une de ces sources.
Parallèlement, sur place à Goma, deux explosions ont bel et bien été confirmées mercredi matin dans la ville, mais aucun élément ne permet, à ce stade, d’en attribuer l’origine même si chaque camp cherche à imposer son récit, les versions contradictoires se multiplient.
L’utilisation de drones dans les opérations militaires s’est néanmoins intensifiée ces dernières semaines dans certaines zones du front. Dans le territoire de Masisi notamment, où les combats entre les FARDC et les rebelles du M23 restent particulièrement actifs, plusieurs sources locales et sécuritaires évoquent des frappes ciblées contre des positions rebelles.
Ces opérations viseraient à contenir l’avancée des combattants du M23 et à affaiblir leurs capacités logistiques dans cette zone stratégique.
Dans le cas des explosions survenues à Goma, plusieurs analystes estiment qu’il sera techniquement possible de déterminer l’origine de l’engin utilisé. Les fragments des projectiles, s’ils sont récupérés et analysés par des experts indépendants, pourraient permettre d’identifier le type d’armement, sa trajectoire et potentiellement son origine.
« Les démentis ou les accusations ne changeront rien aux éléments techniques qui pourraient émerger d’une enquête sérieuse », souligne un observateur.
Face aux accusations croisées et à l’émotion suscitée par la mort d’une humanitaire, plusieurs voix appellent à la prudence. L’homme politique Simon Kazungu estime qu’il est essentiel d’éviter toute conclusion hâtive.
« Sans savoir exactement qui a manipulé ces drones ni leurs origines, évitons de spéculer », a-t-il déclaré, appelant à attendre les conclusions d’enquêtes indépendantes.
Pour lui, comme pour plusieurs autres acteurs politiques, dans ce genre de conflit où la bataille des récits accompagne celle des armes, seule une investigation crédible et transparente pourrait permettre d’établir les responsabilités.
La Rédaction