La 48ᵉ session ordinaire du conseil exécutif de l’Union Africaine (UA) s’est ouverte lundi 09 février dans la capitale Ethiopienne, marquant une étape clé dans le calendrier institutionnel de l’organisation continentale, à quelques jours de la conférence des Chefs d’État et de gouvernement. Cette réunion ministérielle, qui rassemble les ministres des Affaires étrangères des États membres, intervient dans un contexte international marqué par des recompositions géopolitiques et des défis sécuritaires persistants en Afrique.
La séance inaugurale doit être ponctuée par plusieurs déclarations de haut niveau, notamment celles de Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union Africaine, de Gedion Timothewos, ministre Ethiopien des Affaires étrangères, de Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission Économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA), ainsi que de Téte António, président du conseil exécutif.
Ces allocutions devraient fixer les priorités politiques des travaux, avec un accent attendu sur la mise en œuvre de l’Agenda 2063, la réforme institutionnelle de l’UA et le renforcement de la position Africaine dans les forums multilatéraux, notamment au sein du G20, où l’Union Africaine siège désormais comme membre permanent.
Des dossiers stratégiques à huis clos
Après les interventions officielles, le conseil exécutif poursuivra ses travaux à huis clos. À l’ordre du jour figurent l’adoption du programme de travail, l’examen du rapport de la 51ᵉ session du comité des représentants permanents (PRC) et une évaluation de la participation de l’Afrique au G20, dans un contexte où les États Africains cherchent à peser davantage sur les grandes décisions économiques mondiales.
Mais l’un des temps forts de cette session résidera dans les élections et nominations au sein de plusieurs organes clés de l’Union Africaine. Dix sièges sont à pourvoir au conseil de paix et de sécurité (CPS), organe central dans la prévention et la gestion des conflits sur le continent. Trois nouveaux membres seront également élus à la commission Africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), tandis que sept experts rejoindront le Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (ACERWC).
Ces renouvellements interviennent à un moment où plusieurs régions du continent restent confrontées à des crises sécuritaires prolongées, notamment au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le fonctionnement et la crédibilité des organes de paix et de droits humains de l’UA sont donc particulièrement scrutés.
Une session charnière avant le sommet des chefs d’État
La session du conseil exécutif constitue traditionnellement un espace de préparation politique avant les décisions formelles des chefs d’État. Les recommandations adoptées à l’issue de ces travaux seront soumises à la Conférence de l’Union Africaine, qui devra entériner ou ajuster les orientations proposées.
Au-delà des procédures institutionnelles, cette 48ᵉ session se déroule dans un climat où l’Union Africaine cherche à consolider son autonomie stratégique, à renforcer son financement interne et à affirmer son rôle sur la scène internationale. L’enjeu est double : améliorer la gouvernance continentale tout en répondant aux attentes croissantes des populations africaines en matière de paix, de développement et d’intégration régionale.
Les débats des prochains jours devraient ainsi refléter les tensions, mais aussi les ambitions, d’un continent en quête de cohérence politique et d’influence globale accrue.
Diddy Mastaki