Au terme de trois (03) jours d’échanges à la Munich Security Conference (MSC 2026), le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, dresse un constat préoccupant : « notre monde se prépare à la guerre ». Invité aux côtés d’une délégation de « The Elders », le gynécologue Congolais dit avoir perçu, dans ses échanges avec responsables politiques et acteurs de la société civile, un climat d’anxiété marqué par la montée des tensions internationales.
Selon lui, cette atmosphère traduit une crise du multilatéralisme et une érosion du droit international, à rebours des principes qui ont structuré l’ordre mondial d’après-guerre.
« La paix est le seul chemin », insiste-t-il, rappelant que derrière les débats stratégiques se trouvent des victimes bien réelles.
Le médecin évoque notamment les dizaines de milliers de survivantes de violences accompagnées à l’Hôpital de Panzi et par la « Panzi Foundation », dans un contexte de conflits chroniques qui ravagent l’est de la République Démocratique du Congo depuis près de trois (03) décennies. Pour lui, l’expérience Congolaise démontre le coût humain de l’inaction internationale et des impunités prolongées.
Face à ce qu’il qualifie de « contexte de régression », Denis Mukwege appelle à éviter « la sidération et le fatalisme ». Il plaide pour une mobilisation active en défense des droits individuels et collectifs, et pour la réaffirmation de valeurs universelles « inhérentes à notre humanité commune ».
Dans une conférence largement dominée par les questions de sécurité, d’armement et de rivalités géopolitiques, la voix du Nobel Congolais a ainsi réintroduit une dimension humanitaire et normative au débat : celle d’une sécurité fondée non seulement sur la puissance, mais aussi sur la justice, la dignité et la primauté du droit.
Diddy Mastaki