La République Démocratique du Congo a officiellement présenté la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), en perspective de l’élection destinée à désigner la personnalité qui succédera à l’actuelle titulaire, la Rwandaise Louise Mushikiwabo.
Le choix de Kinshasa s’inscrit dans le calendrier institutionnel de l’OIF, où les États membres doivent se prononcer lors d’un Sommet de la Francophonie pour élire le ou la secrétaire général(e). Le mandat de Louise Mushikiwabo, en fonction depuis 2019 et reconduite en 2022, arrive à échéance à l’issue de la période statutaire en cours, ouvrant la voie à une nouvelle compétition diplomatique entre États francophones.
Une candidature à forte portée symbolique
Fille du héros national Patrice Émery Lumumba, Juliana Amato Lumumba porte un nom chargé d’histoire dans l’espace africain et francophone. Pour le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, « son parcours en dit long sur ses compétences, son patronyme renforce sa crédibilité et son expérience lui confère l’aura nécessaire ».
Au-delà de la dimension symbolique, Kinshasa cherche à mettre en avant une candidature africaine issue d’un pays qui revendique un rôle central dans la Francophonie.
La RDC, poids lourd démographique et linguistique
Avec plus de 100 millions d’habitants et l’un des plus grands bassins francophones au monde, la RDC est souvent présentée comme le premier pays francophone en termes démographiques. Le français y est langue officielle et langue d’administration, d’enseignement et de cohésion nationale dans un pays marqué par une grande diversité linguistique.
Sur le plan politique, la RDC participe activement aux instances de l’OIF et aux initiatives liées à la promotion de la démocratie, de la paix et du développement durable. Sa candidature au secrétariat général traduit une volonté d’affirmer son leadership dans l’espace francophone, à un moment où les équilibres internes de l’organisation sont en mutation et où la représentation africaine reste un enjeu stratégique.
Une bataille diplomatique en perspective
L’élection à venir s’annonce comme un test d’influence entre États membres. Le Rwanda, dont est issue l’actuelle secrétaire générale, pourrait défendre un bilan axé sur la réforme administrative et le repositionnement stratégique de l’OIF. De son côté, Kinshasa mise sur le poids démographique, historique et politique de la RDC pour rallier des soutiens.
Au-delà des candidatures, cette échéance pose la question du rôle futur de l’OIF dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques, des défis démocratiques et la nécessité de redéfinir la place de la Francophonie dans un monde multipolaire.
Diddy Mastaki