La crise institutionnelle s’intensifie dans la province de la Tshopo, au Nord-Est de la République Démocratique du Congo. Dans une déclaration officielle, l’Assemblée provinciale estime que « le seuil de l’irréparable a été atteint » et alerte les autorités nationales sur des « faits d’une particulière gravité » imputés au gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga.
Dissolution contestée de la régie financière
Au cœur du différend figure la décision du gouverneur de dissoudre la Direction Générale des Recettes de la Province de la Tshopo (DGRPT) et de créer, en lieu et place, deux nouvelles régies financières. Selon l’organe délibérant, cette mesure aurait été prise sans consultation préalable de l’Assemblée provinciale, en violation des principes de collaboration institutionnelle.
Les députés provinciaux dénoncent également l’arrêt des activités de l’Inspection provinciale des finances ainsi que la suspension d’une mission d’audit en cours au sein de l’ancienne DGRPT, qu’ils qualifient de « purge administrative » dépourvue de justification formelle.
Incident au siège de l’Assemblée
La tension a culminé le 21 février 2026, lors d’une réunion sollicitée par le gouverneur au siège de l’Assemblée provinciale. Les élus évoquent un « fait inédit et inacceptable » dans un État de droit, accusant Paulin Lendongolia Lebabonga d’avoir « délibérément violé l’enceinte parlementaire ».
Selon leur version des faits, le gouverneur aurait forcé l’entrée accompagné d’une garde lourdement armée, malgré l’opposition du commandement de la garde législative. Des accusations graves font également état d’un recrutement présumé de jeunes issus de bandes urbaines, dans ce que l’Assemblée décrit comme une « stratégie d’instrumentalisation de la jeunesse » destinée à intimider les élus provinciaux et à instaurer un climat de tension.
Accusations de tentative de corruption
Autre point particulièrement sensible : les députés affirment que le gouverneur aurait proposé aux membres de l’Assemblée provinciale le partage d’une enveloppe comprise entre 90 000 et 150 000 dollars Américains. Une accusation qui, si elle était établie, relèverait d’infractions pénales graves.
Appel à l’arbitrage de Kinshasa
Face à cette escalade, l’Assemblée provinciale appelle les autorités centrales à intervenir afin de préserver la stabilité institutionnelle et la paix sociale dans la province. À ce stade, aucune réaction officielle du gouverneur n’a été rendue publique.
Cette crise illustre les tensions récurrentes entre exécutifs provinciaux et organes délibérants en RDC, dans un contexte où la gouvernance locale reste un enjeu majeur de consolidation démocratique.
Diddy Mastaki