Le Forum National des affaires coutumières s’est ouvert ce lundi 2 mars en République démocratique du Congo, avec pour ambition de constituer un cadre stratégique de réflexion sur le renforcement du rôle de l’autorité coutumière dans la stabilité, le développement local et la cohésion communautaire.
Placée sous le haut patronage du chef de l’État, Félix Tshisekedi, cette rencontre réunit des chefs traditionnels venus des différentes provinces du pays, ainsi que des acteurs institutionnels impliqués dans la gouvernance territoriale.
Dans son intervention, le Président congolais a adressé un message ferme face aux tentatives, qu’il attribue aux « forces d’agression rwandaise », de substituer des chefs coutumiers légitimes par des individus imposés et étrangers aux traditions locales.
« Aucune puissance, aucun groupe armé, aucune administration parallèle, ne pourrait effacer nos lignages. Les terres de nos ancêtres ne sont pas des terrains de manœuvres géopolitiques », a-t-il déclaré.
Cette mise en garde intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’est du pays, où les autorités congolaises accusent le M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda, d’ingérences dans l’administration locale des territoires occupés.
Le Forum vise notamment à clarifier le statut, les droits et les responsabilités des autorités coutumières dans l’architecture institutionnelle congolaise, tout en consolidant leur rôle dans la prévention des conflits communautaires.
En RDC, où la chefferie traditionnelle demeure un pilier fondamental de l’organisation sociale, la question de la légitimité coutumière est étroitement liée aux enjeux fonciers, identitaires et sécuritaires.
Les travaux du Forum devraient déboucher sur des recommandations destinées à renforcer la reconnaissance et la protection des structures traditionnelles face aux défis contemporains.
Diddy Mastaki