Le gouvernement du Rwanda a exprimé ses « regrets » après l’annonce le 02 mars 2026 d’une nouvelle vague de sanctions américaines visant les Rwanda Defence Forces (RDF) et plusieurs hauts responsables militaires.
Dans un communiqué officiel, Kigali estime que ces mesures « ciblent injustement une seule partie au processus de paix » et « déforment la réalité du conflit » dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Les autorités rwandaises accusent Kinshasa de violations répétées du cessez-le-feu, notamment à travers des offensives terrestres et des attaques de drones.
Le Rwanda affirme par ailleurs que la coalition congolaise inclut des « mercenaires étrangers », des milices dites Wazalendo ainsi que les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), qualifiées de « génocidaires ». Kigali soutient que la RDC n’a pas respecté ses engagements pris dans le cadre des « Washington Accords », notamment celui de mettre fin au soutien aux FDLR.
Le gouvernement rwandais se dit toutefois engagé en faveur d’un désengagement progressif de ses forces, à condition que Kinshasa respecte également ses obligations.
Washington défend des sanctions « d’application »
De son côté, le président de la commission des Relations étrangères du Sénat américain, Jim Risch, a salué les sanctions décidées par l’administration du président Donald Trump.
Selon lui, ces mesures adressent « un message clair » : toute violation des engagements négociés sous médiation américaine entraînera « un coût élevé et croissant ».
Le sénateur appelle le Rwanda et le M23 à cesser immédiatement leurs avancées, notamment autour d’Uvira, tout en exhortant le gouvernement Congolais et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo à abandonner toute option militaire et à respecter strictement le cessez-le-feu.
Un processus de paix sous tension
Au cœur des divergences figure l’application des « Washington Accords », présentés par Washington comme un cadre pour une paix durable et une intégration économique régionale. Les États-Unis insistent sur la nécessité d’un retour immédiat à la table des négociations et sur le respect intégral des engagements pris.
Ces échanges illustrent la montée des tensions diplomatiques autour du conflit dans l’est de la RDC, où les rivalités militaires s’accompagnent désormais d’un durcissement politique et économique entre les acteurs impliqués.
Diddy Mastaki