Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a salué les nouvelles sanctions imposées par le Département du Trésor des États-Unis contre les Rwanda Defence Forces (RDF) et plusieurs officiers supérieurs Rwandais, les accusant d’implication dans l’instabilité persistante dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique mardi, il estime que ces mesures pourraient marquer un tournant dans le conflit opposant Kinshasa à Kigali depuis la résurgence du M23 en novembre 2021.
« Nécessaires mais non suffisantes »
Denis Mukwege considère que les sanctions Américaines constituent une étape importante, mais appelle à une action internationale coordonnée afin d’exercer une pression diplomatique, politique et économique accrue sur le Rwanda.
Il exhorte les partenaires internationaux à adopter des mesures similaires pour garantir l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, qui exige notamment un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, le retrait des forces Rwandaises du territoire congolais et la fin de tout soutien au M23.
Plaidoyer pour une réévaluation des partenariats
Le médecin Congolais appelle également à une révision des relations sécuritaires et budgétaires avec Kigali, notamment au sein de l’Union Européenne. Il estime que le maintien d’une coopération militaire ou d’une aide directe serait incompatible avec les accusations de violations du droit international humanitaire.
Il évoque par ailleurs la possibilité d’un retrait du Rwanda des missions de maintien de la paix des Nations-Unies, soulignant que Washington demeure le principal bailleur des opérations onusiennes.
Appel au respect du droit international
Pour Denis Mukwege, la communauté internationale doit mobiliser « tous les leviers disponibles », y compris des sanctions ciblant les plus hauts responsables, afin de mettre fin à la crise sécuritaire et humanitaire qui affecte l’est de la RDC.
Il conclut en affirmant que seul le respect strict du droit international permettra de restaurer durablement la paix et la stabilité dans la région des Grands-Lacs Africains.
Diddy Mastaki