La ville commerciale de Butembo, en province du Nord-Kivu, a été secouée par une vive tension la journée de samedi 29 juin 2024. Manifestation qui intervient au lendemain de l’occupation de la cité de Kanyabayonga par les combattants du M23 soutenus par le Rwanda.
Tout est parti du passage d’un convoi des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) en direction du territoire de Lubero qui a fait une escale à l’Hôtel Believe. Une attitude interprétée par des taximen comme une fuite devant l’ennemi propageant ainsi la rumeur. Intox devenu plus vite viral faisant croire à l’opinion locale l’hébergement des rebelles M23 et des officiers FARDC fuyards à l’Hôtel Bilieve. Un groupe de manifestants s’est mis à caillasser cette infrastructure touristique, des véhicules des clients garés dans la cour et emporté des motos. Plus de sept (07) blessés et dégâts matériels ont été déplorés.
Des implications stratégique et humanitaire de la chute de Kanyabayonga
La soirée du vendredi 28 juin, une psychose avait déjà commencé à gagner la ville de Butembo suite à l’expansion du M23 à Lubero. Les rebelles qui ont fait leur entrée dans ce territoire jeudi par le village Kimaka et Miriki, contrôle la cité stratégique de Kanyabayonga à la limite avec le territoire de Rutshuru, à plus de 140 Km de Butembo. Avec l’occupation de cette cité, le M23 exerce désormais une pression sur d’autres grandes agglomérations traversées par la Route Nationale N°2 telles que Butembo. Au même moment, Les FARDC appuyés par les combattants d'autodéfense Wazalendo ont fait un repli stratégique afin de lancer des combats pour la conquête des entités occupées.
A part l’enjeu stratégique, l’avancée du M23 complique davantage la situation humanitaire dans le grand Nord. Les déplacés jadis cantonnés à Kanyabayonga ont été contraints de quitter en prenant la direction de Butembo. A ceux-ci s’ajoutent des habitants des cités de Kayna et Kirumba alors que la ville héberge des milliers de déplacés ayant fui les massacres des ADF (Allied Democratic Forces), en territoires de Beni et Lubero. La société civile alerte sur un drame humanitaire si rien n’est fait à cause de la coupure de ligne d’approvisionnement en produits agricoles.
Martin Leku