En République Démocratique du Congo, la communauté Banyamulenge dément toute sollicitation d’une intervention étrangère pour assurer sa sécurité. Des représentants de cette minorité tutsie établie principalement dans la province du Sud-Kivu affirment que leurs préoccupations sécuritaires relèvent exclusivement de l’État congolais et non d’un quelconque parrainage extérieur.
Selon ces responsables communautaires, l’attitude du Rwanda, perçu comme un « État protecteur » autoproclamé, contribue paradoxalement à fragiliser davantage les Banyamulenge dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions intercommunautaires dans l’est du pays. Ils estiment que cette posture alimente les amalgames et les soupçons, exposant leur communauté à des représailles et à une stigmatisation accrue.
« Nous n’avons jamais demandé à un pays étranger d’intervenir en notre nom. Nous sommes des Congolais et notre sécurité doit être garantie par la République démocratique du Congo », insiste un notable communautaire, sous couvert d’anonymat.
Dans une région secouée par des conflits armés récurrents, les Banyamulenge appellent à une approche fondée sur le dialogue intercommunautaire, le respect de la citoyenneté et le renforcement de l’autorité de l’État congolais. Ils soulignent que toute instrumentalisation politique ou géopolitique de leur identité ne fait qu’aggraver les fractures existantes.
Cette prise de position intervient alors que les relations entre Kinshasa et Kigali restent tendues, sur fond d’accusations persistantes d’ingérences étrangères dans l’est de la RDC. Pour la communauté Banyamulenge, la priorité demeure la paix, la sécurité et la coexistence pacifique avec les autres communautés Congolaises, sans tutelle extérieure.
Diddy Mastaki