Les échanges commerciaux entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda pourraient être sérieusement perturbés par la dégradation avancée de la route axe Bunia–Kasenyi, un corridor stratégique pour le transport des produits agricoles, manufacturés et vivriers transitant entre la région de l’Ituri et les marchés ougandais.
Selon les alertes de la Protection civile en Ituri, l’approche de la saison des pluies risque d’aggraver l’état de cette infrastructure routière déjà fragilisée. Les précédentes saisons pluvieuses ont montré que les chaussées se dégradent rapidement sous l’effet des eaux d’inondation, rendant certains tronçons impraticables et ralentissant considérablement la circulation des biens et des personnes.
Pour Robert Ndjalonga, cette situation ne constitue pas seulement un problème de mobilité, mais un risque économique majeur. L’axe Bunia–Kasenyi sert de passage pour de nombreux produits destinés au commerce transfrontalier. En cas de blocage prolongé, les échanges entre la RDC et l’Ouganda pourraient être affectés, avec des conséquences sur les prix des produits et l’approvisionnement des marchés.
Les transporteurs et commerçants locaux signalent déjà des difficultés croissantes : temps de parcours allongé, risques d’accidents et pertes de marchandises. Lorsque des camions se renversent ou que la route devient impraticable, les circuits logistiques sont interrompus, obligeant certains opérateurs à emprunter des voies alternatives moins sécurisées, augmentant ainsi les coûts et les dangers.
L’impact dépasse la seule dimension économique. L’accès humanitaire dans la zone littorale est également compromis, rendant plus complexe la distribution de l’aide aux populations déplacées et la mise en œuvre de programmes de stabilisation. Les missions de sécurité et de développement sont ralenties, limitant la capacité des acteurs internationaux à intervenir efficacement.
Face à ces risques, la Protection civile appelle à une action préventive. Parmi les mesures recommandées figurent l’entretien et la réhabilitation de la route, le renforcement des ponts, le curage des lits des rivières et la canalisation des eaux pour limiter les inondations. Ces interventions permettraient de réduire les risques et de garantir la continuité des échanges commerciaux entre la RDC et ses voisins.
Pour les experts, la préservation de cet axe routier revêt une importance stratégique. Un corridor en bon état facilite le commerce, soutient l’économie locale et renforce l’intégration régionale. À l’inverse, sa dégradation pourrait isoler certaines zones, augmenter les coûts de transport et affecter la disponibilité des produits sur les marchés.
Les autorités et partenaires techniques sont ainsi invités à intensifier les efforts de préparation avant la saison des pluies. Une infrastructure résiliente constitue la clé pour maintenir les échanges économiques et protéger les populations contre les conséquences des catastrophes naturelles.
Joël Heri Budjo