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Etat de siège : JED dénonce l’indifférence de Kinshasa alors que trois journalistes ont été tués, un est porté disparu et cinq autres sont menacés de mort

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Etat de siège : JED dénonce l’indifférence de Kinshasa alors que trois journalistes ont été tués, un est porté disparu et cinq autres sont menacés de mort


Journaliste en danger (JED) dénonce, dans un communiqué rendu public le 3 septembre, l’indifférence du gouvernement congolais sur la situation sécuritaire des journalistes dans l’Est, en état de siège.

JED demande au gouvernement congolais de sortir de sa léthargie face à la dégradation de la situation sécuritaire des journalistes en RDC, et plus particulièrement dans les provinces de l’Est du pays en proie à la violence armée et communautaire.

Par la suite, l’organisation dénonce l’indifférence affichée par le chef du gouvernement congolais, qui n’a pas dit un mot face à la multiplication des attaques et assassinats des journalistes enregistrés depuis la proclamation de l’état de siège alors qu’à la tête d’une délégation gouvernementale, il venait de terminer une mission officielle dans les deux provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Or, JED constate que dans ces provinces, en proie aux violences des groupes rebelles et des miliciens armés, au moins trois journalistes ont été tués au cours des trois derniers mois, et un journaliste est porté disparu depuis décembre 2020, après avoir été enlevé par des miliciens.

La structure énumère :

– Héritier Magayane, journaliste à la RTNC, station locale de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, qui a été tué le 8 août 2021 à l’arme blanche par un groupe d’hommes non autrement identifiés.

– Barthelemy Kubanabandu Changamuka, journaliste à la Radio Communautaire de Kitshanga (CORAKI FM) émettant depuis Kitshanga, une localité de la province du Nord-Kivu, qui a été assassiné le 9 mai 2021 dans l’enceinte de son domicile par deux hommes armés en civil.

– Joel Mumbere Musavuli, directeur de la Radio Communautaire Babombi, émettant depuis Biakato, chefferie de Babombi, territoire de Mambasa, dans la province d’Ituri, et son épouse ont été attaqués à l’arme blanche le 14 août 2021 par un groupe d’hommes non identifiés. Le journaliste a succombé à ses blessures tandis que sa femme a été grièvement blessée.

– Pius Manzikala, journaliste de Ruwenzori Voice Radio (RVR) émettant depuis Mutwanga dans le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu (est de la RD Congo), a été enlevé le samedi 11 décembre 2020, avec plusieurs autres personnes, par des hommes appartenant à le groupe rebelle ADF/MTM. Les corps sans vie de plusieurs des victimes ont été retrouvés, à l’exception de celui du journaliste.

Pendant la même période de l’état de siège, plusieurs autres journalistes et professionnels des médias ont reçu des appels et des messages des menaces persistantes qui les ont contraints à abandonner leur travail ou leur famille, et à entrer dans la clandestinité pour échapper à la mort.

Il s’agit de :

Thomson Undji Batangalwa, journaliste-correspondant de la radio sud-africaine «Chanel Africa » dans l’est de la RDC et journaliste-reporter de Radio Tanganyika Espoirs des Opprimés (RTEO), station basée à Fizi, dans la province du Sud-Kivu, qui fait l’objet depuis le 13 juillet dernier, 2021, d’une série de menaces de mort proférées par des personnes se réclamant de la « communauté Banyamulenge » pour avoir diffusé des informations sur l’attaque de la base des FARDC dans la localité de Minembwe par des rebelles Ngumino et Twirwaneo de la communauté Banyamulenge.

– Vianney Watsongo, journaliste à la Radiotélévision Evangélique et de Développement Hermon (RTDEH), une station émettant à Rutshuru, qui fait l’objet d’une série de menaces de mort par téléphone et de tracts depuis plusieurs semaines. Des personnes non identifiées protestent contre la diffusion par le journaliste d’informations concernant le harcèlement des agriculteurs par les miliciens opérant dans cette partie du pays.

– Parfait Kasereka Katoto, directeur de la radio communautaire Amkeni Biakato, qui émet depuis Biakato, dans la province de l’Ituri, a été victime d’une tentative d’assassinat le 29 mai 2021, vers 22 heures, à son domicile. Le journaliste rentrait de son travail lorsqu’il a été attaqué par un homme portant une arme à feu qui l’a menacé et l’a accusé de faire un reportage sur le harcèlement de la population locale. Le journaliste continue de recevoir des menaces de mort par téléphone. Craignant pour sa vie, le journaliste vit actuellement dans la clandestinité.

– Martin Luther King Kambale, journaliste de Radio RCVT TV, une station émettant dans la ville de Kasindi, dans le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est entré dans la clandestinité le 19 août 2021, après avoir réalisé une interview avec une femme de la société civile locale qui rejetait les accusations qui assimilaient les jeunes de Lume aux miliciens maï-maï.

– Kennedy Muhindo Wema, journaliste de Radio Soleil, station émettant à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, est la cible des menaces et intimidations, depuis le 14 août 2021, de la part d’un homme qui se revendique maï maï qui reproche au journaliste d’avoir qualifié les maï maï des analphabètes au cours d’une émission.

Depuis le début de cette année 2021, JED a répertorié sur l’ensemble du territoire national congolais au moins 92 divers cas d’atteintes à la liberté de la presse dont 36 cas répertoriés à l’est du pays et 17 cas dans les deux provinces mises sous état de siège.

Aux regards de ce tableau inquiétant de la situation de la liberté de la presse, JED demande instamment au gouvernement de Kinshasa et à toutes les instances sécuritaires dans les provinces actuellement sous état de siège de briser le mur du silence qui entoure tous ces cas graves d’atteintes au travail des journalistes, et d’instituer un mécanisme d’alerte rapide pour lutter contre ces attaques.

 

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