Malgré la décision annoncée par le gouvernement de la République Démocratique du Congo de suspendre les activités académiques dans les établissements publics situés dans les zones contrôlées par l’AFC-M23, les activités universitaires se poursuivent dans certaines institutions de Bukavu.
À l’occasion de la double cérémonie de collation des grades académiques et de clôture de l’année académique 2025-2026 à l’Institut supérieur pédagogique de Bukavu (ISP-Bukavu) et à l’Institut supérieur des techniques médicales de Bukavu (ISTM-Bukavu), Herman Nzoma, présenté comme point focal de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) dans l’espace contrôlé par l’AFC-M23, a tenté de rassurer la communauté universitaire sur la poursuite des activités académiques.
Dans son intervention, Herman Nzoma a appelé les parents, les étudiants et les enseignants à poursuivre sereinement leurs activités académiques, notamment à Bukavu et à Goma. Il a également invité la communauté universitaire à ne pas se laisser influencer par ce qu’il qualifie de « discours fallacieux », estimant que l’avenir académique des jeunes doit rester une priorité.
Cette cérémonie intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le secteur de l’enseignement supérieur dans l’Est de la RDC. Le gouvernement Congolais a annoncé la suspension des activités académiques dans les établissements publics situés dans les zones concernées par le conflit.
La semaine précédente, des cérémonies avaient déjà été rapportées à l’Université officielle de Bukavu (UOB) et à l’Institut supérieur de développement rural de Bukavu (ISDR-Bukavu), dans un contexte marqué par la controverse autour de la poursuite des activités universitaires.
Lors de ces différentes activités, l’absence de plusieurs enseignants a été remarquée dans certaines institutions. Cette situation intervient alors que les enseignants évoluant dans les établissements concernés sont confrontés à une situation d’incertitude quant à leur statut et à leur rémunération.
Selon des informations rapportées dans le milieu universitaire, certains professeurs et enseignants craindraient d’être assimilés ou cités comme collaborant avec les autorités de fait contrôlant la ville, avec les conséquences que cela pourrait avoir sur leur carrière et leur rémunération. Ces éléments restent toutefois à confirmer auprès des intéressés et des autorités compétentes.
Au cours de la cérémonie, Herman Nzoma a également affirmé que l’AFC-M23 entendait prendre en charge le paiement des enseignants dont les rémunérations auraient été interrompues à la suite des décisions prises par le gouvernement de Kinshasa. Il a vivement critiqué cette décision, la qualifiant d’« illogique et illégale », et a estimé qu’elle ne devrait pas être appliquée dans les zones contrôlées par l’AFC-M23.
« L’avenir académique de la jeunesse doit rester une priorité », a-t-il notamment soutenu, appelant les étudiants et leurs familles à ne pas abandonner leurs études en raison du contexte politique et sécuritaire.
Dans le même cadre, Herman Nzoma a encouragé les parents à continuer d’inscrire leurs enfants dans les établissements d’enseignement supérieur de Bukavu. Il a notamment cité l’ISP-Bukavu, l’Université officielle de Bukavu (UOB), l’Institut supérieur de développement rural de Bukavu (ISDR-Bukavu), l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM-Bukavu), l’Institut supérieur de commerce (ISC-Bukavu) ainsi que l’Institut supérieur des arts et métiers (ISAM-Bukavu).
Cette prise de position intervient alors que les établissements d’enseignement supérieur de Bukavu évoluent dans un contexte institutionnel inédit, marqué par le conflit armé, la contestation de l’autorité de Kinshasa dans les zones contrôlées par l’AFC-M23 et les incertitudes entourant le fonctionnement des services publics.
La poursuite des activités académiques dans ces institutions reste ainsi au cœur des préoccupations des étudiants, des parents et du personnel enseignant, alors que chaque partie affirme défendre la continuité de l’enseignement supérieur dans l’Est de la RDC.
Rédaction