Le député national Christian Katembo Mafungula appelle les autorités militaires à renforcer sans délai les effectifs et les opérations des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans le territoire de Beni, où les attaques attribuées aux rebelles des ADF connaissent une recrudescence inquiétante.
Dans une correspondance officielle adressée au gouverneur militaire du Nord-Kivu, désormais commandant des opérations militaires dans la province, l'élu souligne que plusieurs positions des FARDC dans le nord de la province auraient été affaiblies à la suite du redéploiement d'un nombre important de militaires vers les lignes de front contre la coalition AFC/M23.
Selon Christian Katembo Mafungula, cette situation expose davantage le territoire de Beni, déjà confronté depuis plus d'une décennie aux massacres perpétrés par les ADF. Il estime que le renforcement des capacités opérationnelles des forces loyalistes est devenu une urgence afin de protéger les populations civiles.
Dans sa lettre, adressée en copie notamment aux présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, à la Première ministre, aux ministres de l'Intérieur, de la Défense et de la Justice, ainsi qu'à la MONUSCO et aux autorités locales, le député demande que la menace des ADF soit prise en compte avec le même niveau de priorité que celle de la coalition AFC/M23.
« Notre urgence demeure le renforcement et l'équipement adéquat des forces de défense pour apporter une solution afin d'éradiquer le phénomène ADF, mais aussi prendre au sérieux cette menace au même titre que celle de la coalition AFC/M23 afin de rétablir définitivement la paix en province », plaide-t-il.
Le député alerte également sur le faible effectif des militaires encore déployés dans la région de Beni, estimant que cette situation pourrait offrir aux ADF une plus grande marge de manœuvre pour poursuivre leurs attaques contre les populations.
Cette interpellation intervient alors que les territoires de Beni et Mambasa enregistrent ces derniers jours une succession d'attaques meurtrières attribuées aux ADF, relançant les appels des élus et de la société civile en faveur d'une réponse militaire plus robuste pour mettre fin aux violences qui continuent de frapper cette partie Est de la République Démocratique du Congo.
Diddy Mastaki