La prison centrale de Makala Kinshasa fait face à une épidémie de choléra qui a déjà entraîné la mort de cinq (05) détenus, selon une circulaire officielle signée par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali. Les autorités sanitaires confirment que treize cas ont été positifs sur dix-sept (17) prélèvements analysés par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB). Parmi ces cas confirmés, quatre détenus sont déjà rétablis, tandis que quinze (15) autres cas suspects ont été signalés le 13 février 2026.
Face à cette situation sanitaire préoccupante, le ministère de la Justice a pris des mesures d’urgence pour limiter la propagation de l’épidémie. La circulaire interdit temporairement toute nouvelle admission à la prison centrale de Makala et impose une suspension ou une restriction stricte des visites. Ces mesures doivent être appliquées dans le respect des règles d’hygiène et des prescriptions sanitaires en vigueur.
Le ministère a également ordonné le renforcement immédiat des dispositifs sanitaires dans l’établissement pénitentiaire. Cela inclut la mise à disposition de médicaments essentiels, l’approvisionnement en produits de prévention et de désinfection, ainsi que le déploiement d’équipements et de matériels médicaux adaptés. Ces actions s’inscrivent dans le cadre des lois relatives à la santé publique et au régime pénitentiaire, garantissant la protection de la santé et la dignité des personnes privées de liberté.
La mise en œuvre de ces mesures s’effectue en coordination étroite avec le Ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale et les services sanitaires compétents de l’État. Les autorités pénitentiaires sont tenues de faciliter l’intervention des équipes médicales et techniques, d’assurer le suivi quotidien de la situation épidémiologique et de transmettre un rapport quotidien détaillant l’évolution des cas, les actions entreprises et les besoins éventuels.
L’apparition du choléra à Makala relance également le débat sur les conditions de vie dans les établissements pénitentiaires du pays, souvent pointées du doigt pour la surpopulation et l’insalubrité. Les autorités n’ont pas encore précisé la date à laquelle les restrictions pourraient être levées ni l’ampleur exacte des moyens mobilisés pour contrôler l’épidémie.
La vigilance reste donc de mise, alors que le gouvernement et les services de santé travaillent à endiguer cette crise sanitaire au sein de la plus grande prison du pays.
Joël Heri Budjo