Installée dans le cadre de la réponse d’urgence à la maladie à virus Ebola, une structure destinée au lavage des mains reste inachevée depuis près d’un mois sur le boulevard Rwenzori, à quelques pâtés de maisons du rond-point Nyamwisi, à Beni. Entre-temps, le site est devenu un espace de repos et de défécation pour des enfants dans la rue, au grand désarroi des riverains.
La structure avait été érigée dans un endroit particulièrement fréquenté de la ville, non loin du célèbre parking Kasindi. Son installation devait contribuer aux mesures d’hygiène et de prévention contre la maladie à virus Ebola, notamment à travers le lavage régulier des mains.
Mais depuis plusieurs semaines, le dispositif semble à l’arrêt. Le réservoir d’eau attendu sur le site n’aurait toujours pas été installé, laissant la structure inachevée et inutilisable dans les conditions prévues.
Faute d’utilisation et d’entretien, les lieux ont progressivement changé de fonction. Le bas de la structure serait devenu une toilette publique utilisée par des enfants dans la rue, tandis que le plancher leur servirait également de lieu de repos pendant la journée.
La présence de matières fécales et les mauvaises odeurs qui s’en dégagent inquiètent les habitants du voisinage, particulièrement dans un contexte où les mesures d’hygiène revêtent une importance particulière face à la maladie à virus Ebola.
Un habitant dénonce l’absence de suivi du dispositif : « Nous ne comprenons pas les gens qui sont venus construire ça ici. Environ un mois, ils n’ont pas mis le tank ici. Dans ce coin, on dirait qu’ils ont mis aussi une pause à la maladie dans ce coin. Et d’ailleurs, nous réclamons un suivi parce qu’il est devenu une toilette des enfants de la rue. On risque de tomber malade… »
Pour les habitants, l'enjeu dépasse désormais la seule finalisation de cette installation. Ils demandent surtout aux responsables du dispositif sanitaire de revenir sur le site, d’évaluer son état et de prendre les mesures nécessaires pour éviter qu’une infrastructure conçue pour renforcer l’hygiène ne devienne elle-même une source de nuisances sanitaires.
Alors que la réponse à Ebola nécessite des mesures de prévention et d’hygiène soutenues, les riverains s’interrogent sur le devenir de cette installation et sur les raisons de l’arrêt apparent des travaux.
Près d’un mois après son érection, le dispositif attend toujours les équipements nécessaires à sa mise en service, tandis que le site continue de se dégrader.
Diddy Mastaki