Alors que la province de l’Ituri poursuit la lutte contre l’épidémie d’Ebola, le Cadre de Concertation de la société civile sur les Ressources Naturelles (CdC/RN) tire la sonnette d’alarme sur plusieurs insuffisances dans la mise en œuvre des interventions. Dans une note de plaidoyer rendue publique en juillet 2026, cette structure appelle à des réformes urgentes pour renforcer l’efficacité de la riposte.
Selon ce document, plusieurs défis persistent, notamment dans le suivi des contacts, la transparence financière, l’implication des communautés et la motivation des agents engagés sur le terrain.
Le CdC/RN relève notamment un faible niveau de suivi des contacts dans certaines zones affectées. Le taux mentionné dans la note serait de 17,4 % en Ituri, largement en dessous du seuil recommandé pour interrompre efficacement les chaînes de transmission.
Sur le plan de la gouvernance, l’organisation dénonce l’absence de mécanismes publics permettant aux communautés et aux organisations de la société civile d’accéder aux informations détaillées sur l’utilisation des ressources destinées à la riposte.
« La transparence financière demeure un défi majeur », souligne Dieudonné Kasonia, secrétaire permanent de CdC/RN, qui recommande la publication régulière des données budgétaires et des rapports de gestion.
Des agents de terrain toujours confrontés aux difficultés
Le document met également en avant les conditions de travail des prestataires impliqués dans la riposte. Des retards dans le paiement des primes et des difficultés logistiques sont cités parmi les facteurs pouvant affecter la motivation des équipes.
Le CdC/RN appelle à garantir un paiement régulier et transparent des primes, ainsi qu’à améliorer la coordination entre les différents acteurs de la riposte.
La communauté au cœur de la réponse
Autre préoccupation soulevée : la faible participation des acteurs communautaires dans les espaces stratégiques de décision. Pour cette organisation citoyenne, la réussite de la lutte contre Ebola dépend aussi de l’implication active des leaders locaux, des relais communautaires et des structures de la société civile.
Parmi les recommandations formulées figurent notamment :
- renforcer le suivi communautaire des contacts ;
- améliorer la communication sur les ressources mobilisées ;
- élargir la couverture des centres de traitement Ebola dans les zones touchées ;
- mettre en place des mécanismes indépendants de suivi des fonds de la riposte ;
- associer davantage les communautés aux décisions.
Alors que l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo, ce plaidoyer relance le débat sur la nécessité d’une riposte non seulement médicale, mais aussi transparente, inclusive et proche des réalités locales.
Joël Heri Budjo