Plusieurs habitants et acteurs politiques de la ville de Goma, toutes tendances confondues, dressent un bilan mitigé de la situation sécuritaire dans la province durant l'année 2022.
Dans une interview accordée à CONGORASSURE le mardi 3 janvier 2023, Alain Cuma parle des faiblesses du côté sécuritaire surtout dans la ville de Goma qui a été globalement caractérisée par l'intensification des cas de criminalité urbaine, des vols à main armée et des incursions nocturnes caractérisées par le phénomène de quarante voleurs.
Selon ce membre de l'UNC, cette situation continue de perdurer dans la province du Nord-Kivu sans aucune mise en œuvre des stratégies pour trouver une solution durable pour la protection de la population et de ses biens.
Au même moment du côté de l'opposition et de certains mouvements citoyens de la ville, l’on estime qu’il est inconcevable de voir la ville de Goma être contrainte de vivre ce calvaire pendant tout ce temps sans que rien de concret ne soit fait.
Rien que dans la commune de Goma, les jeunes ont documenté plus d'une dizaine de décès dans des circonstances inexpliquées et généralement dans plusieurs cas de cambriolages nocturnes et d'incursions ciblées dans certaines maisons de cette partie de la ville.
De nombreux habitants se sont alarmés de la présence d'hommes en uniformes semblables à ceux de la police nationale congolaise et des FARDC lors de la quasi-totalité de ces opérations sanglantes qui ont endeuillé plusieurs familles depuis un an.
Ils appellent les autorités à mettre de l'ordre dans les forces de l'ordre afin qu'elles puissent faire la lumière sur la présence de ces présumés militaires parmi ceux qui troublent la paix de la population.
Par ailleurs, plusieurs habitants rapportent que nombreux quartiers de la ville ont fait l'objet d'innombrables cas de banditisme au cours de l'année 2022, cas qui ont connu la présence de certains sujets rwandais et de groupes de jeunes bien identifiés ont opéré en toute quiétude, malgré les multiples dénonciations qui ont été faites par les habitants desdits quartiers.
Ils dénoncent notamment l'impunité qui a caractérisé cette année, ce qui a amené certains habitants à croire à une certaine complicité entre certains agents des forces de l'ordre et certains groupes de bandits actifs dans la zone. Cette réalité a conduit à la récurrence des cas de justice populaire qui ont vu plusieurs jeunes être lynchés puis brûlés vifs dans le but de prendre en charge la population.
Diddy MASTAKI, Goma