De nouvelles vagues de déplacés en provenance de Karenga, Sake et autres villages environnants arrivent dans différents sites de déplacés de Kanyarucinya et Kibati en territoire de Nyiragongo depuis lundi fouillant les intenses combats en cours entre l'armée congolaise et le M23-RDF dans plusieurs villages et collines surplombant la cité de Sake en territoire de Masisi.
Selon ces déplacés essentiellement constitués des femmes et des enfants, ils ont été contraints à prendre le chemin de l’exode et abandonner leurs villages après d'intenses combats entre les FARDC, armée congolaise et les rebelles du M23 qui ont éclaté à Karenga, village situé à seulement quelques kilomètres de la cité de Sake depuis 3 heures du matin de ce lundi.
« Je suis déplacée en provenance de Karenga. J’étais au camp Tuungane à Sake. Il était 3 heures du matin quand nous avons commencé à entendre des détonations d’armes et nous avons fui. On vient de nous accueillir ici au camp dé Kanyarucinya et là comme vous nous voyez nous sommes maintenant entrain de voir comment préparer quelque chose à manger pour nos enfants », témoigne madame Mukasaka Christine à CONGORASSURE.CD.
Selon cette dame, elles sont arrivées à Goma en grande marée humaine craignant les tirs rebelles.
« Ce sont les M23 qui ont tiré beaucoup des balles vers nous. Ce qui nous a plongé dans une si grande peur. Quand il y a eu riposte de notre armée nous avons vu que nos vies étaient en danger », poursuit-elle.
Une autre femme fraîchement venue de Karenga, ce village de Masisi qui est pour l’instant occupé par les rebelles du M23 affirme que cette force rebelle chasse la population civile de ce village suite aux combats qui s’y intensifient.
« Notre village est à ce moment occupé par les militaires du M23. Ils nous ont chassé de là à cause de la multiplicité de coups des balles. C’est pourquoi nous avons fui jusqu’à venir ici à Kanyarucinya où se trouvent nos autres frères. Ici nous pensons que nous serons à l’abri et nous allons entre-aider à chercher comment vivre pendant cette période difficile » explique-t-elle.
Ces déplacés ayant parcouru environ une quarantaine de kilomètres à pied, disent pour la plupart furent venus à Kanyarucinya suite à l’incertitude sécuritaire susceptible de toucher les quartiers environnants la ville de Goma sur l’axe Sake à cause de ces affrontements qui prennent des allures inquiétantes.
« Nous avons décidé de nous diriger vers ce camp (Kanyarucinya) parce qu'à Mungunga et Lac-vert nous craignons revivre ce que nous avons fui à Karenga. Là aussi des détonations se font entendre », souligne Jean-Mari Vianney Hategekimana.
Ces familles ont été accueillies dans de salles de classe de l’école primaire Mboga en territoire de NYIRAGONGO. Un effectif de plus alors que les conditions tant bien humanitaires qu’hygiéniques restent déplorables pour ceux arrivés dans ces sites depuis bien longtemps.
« Nous ne savons pas comment nous allons continuer à vivre dans ce camp. Nous sommes pris en charge à seulement presque 50 pour-cent. La nourriture et les médicaments restent jusqu’à présent insuffisants. Nous continuons à demander au gouvernement congolais et aux organisations humanitaires de penser aux déplacés », plaide Theo Musekura, président des déplacés.
Depuis le début de la conquête du M23 dans les territoires de Rutshuru, Masisi et une partie de Nyiragongo en novembre 2021, la province du Nord Kivu a déjà enregistré plusieurs centaines de milliers des déplacés internes dont les femmes et les enfants sont les plus touchés par ces conflits armés en cours dans la partie Est de la RDC.
Diddy MASTAKI