La province de Ituri, au Nord-Est de la République Démocratique du Congo, demeure plongée dans une crise humanitaire aiguë en ce début d’année 2026. Selon un récent rapport du bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 922 000 personnes vivent actuellement en situation de déplacement, exposées aux violences armées récurrentes et à d’importantes pénuries d’assistance.
Djugu, Irumu, Mambasa : foyers persistants de violences
Au mois de janvier, plusieurs affrontements meurtriers ont été signalés dans le territoire de Djugu, où plus de 78 500 personnes déplacées se retrouvent sans assistance suffisante. Les violences ont également touché les territoires d’Irumu et de Mambasa, causant la mort d’au moins 25 civils et plusieurs enlèvements, selon les données humanitaires disponibles.
Ces incidents aggravent une situation déjà marquée par la précarité des conditions de vie, la destruction des moyens de subsistance et la fragilité des communautés locales.
Accès humanitaire restreint et éducation perturbée
L’accès humanitaire demeure fortement limité dans plusieurs zones affectées. Dans la localité de Bule, plus de 60 écoles ont été transformées en abris d’urgence, privant des milliers d’enfants d’un accès régulier à l’éducation.
L’insécurité persistante, la dégradation des infrastructures routières et les difficultés logistiques entravent considérablement l’acheminement de l’aide vers les populations les plus vulnérables.
Des besoins multisectoriels toujours critiques
Les partenaires humanitaires tentent de répondre aux besoins urgents en nutrition, santé, eau potable et sécurité alimentaire. Des programmes de distribution alimentaire, d’appui en semences agricoles, de transferts monétaires et de soutien éducatif sont en cours. Toutefois, l’ampleur des besoins dépasse largement les capacités actuelles d’intervention.
Face à cette situation alarmante, les Nations-Unies appellent à une mobilisation accrue des partenaires nationaux et internationaux afin de garantir la protection des civils, d’améliorer l’accès humanitaire et de renforcer la réponse d’urgence.
La priorité demeure l’instauration d’un environnement sécurisé permettant aux populations déplacées de reconstruire leurs moyens de subsistance et aux enfants de retrouver le chemin de l’école.
Joël Heri Budjo