La ville de Goma, sous contrôle du M23, observe son quotidien sans interruption après l’annonce de la mort de Willy Ngoma, communicateur militaire de la rébellion tué dans une frappe de drone, selon des sources concordantes. Les marchés, écoles et transports fonctionnent normalement, et les habitants prennent cet événement comme une triste routine et surtout une nouvelle étape dans une guerre qui dure depuis des années.
Cette disparition intervient seulement près de trois mois après celle de Magloire Paluku, un autre porte-parole du M23, décédé fusillé en décembre 2025. Pour la population, ces décès sont ajoutés à la longue liste des pertes liées à ce conflit ayant atteint Goma en janvier 2025 et qui a causé des milliers des morts dont des civils.
« C’est comme un événement de plus. Nous ne faisons pas de pause, les gens travaillent, les marchés ouvrent », explique Samuel, chauffeur de taxi-bus.
Rosine, vendeuse de vêtements au marché de Virunga, ajoute : « C’est triste, mais cela fait partie de cette guerre. Willy n'est pas du tout spécial que nos frères et sœurs morts dans cette guerre ».
Même dans les quartiers populaires, la routine demeure : les enfants jouent, les boutiques restent ouvertes et la vie suit son cours. Pour beaucoup, la mort de Ngoma est un événement politique ponctuel, sans impact direct sur leur quotidien.
François, menuisier, résume : « En trois mois, deux communicateurs du M23 sont morts. Nous en prenons note, mais nous ne pouvons pas arrêter de vivre ».
À Goma, la résilience de la population l’emporte sur les tragédies annoncées par les pertes au sein de la rébellion, et la ville continue de fonctionner comme si de rien n’était.
Malgré la cour normale de la vie quotidienne de la vie, une tension sous-jacente reste présente. La mort d’un porte-parole militaire du M23 pourrait provoquer des ajustements stratégiques et, potentiellement, de nouvelles frappes. Les habitants savent que le silence et la réjouissance silencieuse de certains aujourd’hui pourrait précéder l’incertitude de demain.
Dans les ruelles étroites et les avenues désertes, Goma semble suspendue entre la peur et l’espoir. Le silence est lourd, chargé des souvenirs de milliers de morts, mais il est aussi le témoin d’une population qui, malgré les traumatismes, continue de chercher la paix et la sécurité au cœur d’une ville marquée par la guerre.
Rédaction