Un message vocal annonçant l’enlèvement de quinze chauffeurs sur la route Kasindi-Beni a largement circulé sur les réseaux sociaux depuis la nuit du vendredi 05 au samedi 06 juin 2026. Après vérification, cette information s'est révélée infondée.
La rumeur, relayée principalement dans plusieurs groupes WhatsApp, a rapidement gagné du terrain dans un contexte marqué par une forte psychose sécuritaire après les récents massacres de civils à Ngadi et à Mbau. Cette situation a alimenté l'inquiétude de nombreux habitants de Beni et des usagers de cet axe routier stratégique.
Pour faire la lumière sur cette information, Congorassure.cd a contacté plusieurs agences de transport opérant régulièrement sur l'axe Kasindi-Beni. Toutes ont affirmé n'avoir enregistré aucun cas de disparition ou d'enlèvement parmi leurs chauffeurs.
Selon certains responsables contactés, l'auteur du message vocal serait identifiable à travers son accent, mais les circonstances exactes de la propagation de cette rumeur demeurent inconnues.
Une confusion née d'une situation inhabituelle
D'après plusieurs témoignages recueillis auprès des conducteurs ayant emprunté la route cette nuit-là, la panique serait née de l'observation de véhicules immobilisés à proximité de la rivière Semuliki.
« Quand nous sommes arrivés à cet endroit, nous avons vu des véhicules immobilisés et soudain des lumières de lampes torches. Bien sûr, nous avons eu peur. Mais nous avons constaté qu'il s'agissait de militaires et nous avons poursuivi notre route », témoigne un chauffeur.
Il explique que certains conducteurs du convoi ont ensuite interprété cette situation comme une éventuelle attaque ou une embuscade des ADF.
« Plus tard, un autre véhicule de notre convoi m'a appelé pour me signaler une alerte sur la présence des ADF. Après lui avoir expliqué ce que nous avions réellement trouvé sur place, il est lui aussi arrivé sans problème à Beni. Nous ne savons pas d'où est venue cette fausse information », ajoute-t-il.
Appel à la prudence face aux rumeurs
Cette nouvelle fausse alerte intervient alors que le Nord-Kivu traverse une période particulièrement tendue sur le plan sécuritaire. Les massacres récents attribués aux ADF ont favorisé un climat de peur qui rend la population davantage sensible aux informations non vérifiées.
Face à cette situation, plusieurs observateurs appellent les internautes à vérifier les informations auprès de sources crédibles avant de les partager, afin d'éviter d'amplifier la psychose au sein de la population.
Diddy Mastaki