Ituri : Après 35 jours de captivité, un otage de la Task Force libéré par les miliciens de la Codeco
Les miliciens de la Codeco viennent de libérer un otage de la Task Force détenu depuis le 16 février dans la région de Djugu, en province de l’Ituri, au nord-est du pays. Selon la Task Force, c’est le résultat d’âpres négociations impliquant plusieurs acteurs locaux et nationaux.
Il s’agit du professeur Dechuvi, qui, selon des sources au sein de la Task Force pour la paix, la réconciliation et la reconstruction de l’Ituri, a un problème de santé.
Pour la task force, qui rappelle à la CODECO que l’Etat a reçu ses revendications et y travaille sérieusement, « il n’y a donc aucune raison que d’autres otages continuent de vivre une mort lente à travers la descente aux enfers qui leur est imposée ». La structure souligne toutefois que « les discussions se poursuivent dans le cadre de la recherche d’une solution satisfaisante pour les deux parties « .
Picthou Iribi, qui est le porte-parole de la task force, rappelle également que les personnes prises en otage ne sont pas des « belligérants » ou des « prisonniers de guerre ». « Elles accomplissaient plutôt une noble mission de pacification de l’Ituri, de ce fait, elles ne méritent pas un traitement aussi dégradant qu’humiliant, encore, de la part de ceux qui devraient être parmi les principaux bénéficiaires » insiste-t-il.
La structure appelle donc le groupe CODECO et ses leaders à faire preuve de sagesse et d’humilité et à libérer tous les otages. « Les retenir serait prolonger la souffrance de leurs propres frères qui sont venus les aider », déclare la task force, insistant sur le fait que tous ceux qui sont toujours en otages n’ont plus leur place là-bas. “Tous ne sont plus dans un état normal. Leur état de santé se dégrade du jour au lendemain alors qu’ils n’ont rien fait de mal”.
Pour elle, l’Ituri, qui est fatiguée des meurtrissures que lui infligent ses propres enfants, est impatiente de revoir ses fils, messagers de la paix.
Par ailleurs, plusieurs observateurs estiment que ce premier pas des rebelles de la CODECO est une réponse de la milice à la libération de 63 de ses membres à la prison centrale de Bunia.
Il est toutefois à noter que Thomas Lubanga, Floribert Ndjabu, Germain Katanga, anciens chefs de guerre et membres de la Task Force sont toujours retenus en otage ainsi que trois autres personnes. Les miliciens de la Codeco exigeraient la libération d’au moins 1 000 de leurs éléments détenus à la prison centrale de Bunia en échange de ces émissaires du chef de l’Etat, selon certaines indiscrétions.