Accusé d’être derrière le M23, le Rwanda nie : « RDF n’a pas des soldats portant les noms présentés dans le communiqué, c’est une tentative de manipulation »
Le gouvernement rwandais dit ne pas reconnaître l’implication de son armée dans le mouvement du 23 Mars (M23) qui est de nouveau actif dans la partie Est de la République démocratique du Congo, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu.
« Nous avons pris connaissance d’un communiqué et d’un reportage médiatique du porte-parole du gouverneur du Nord-Kivu qui, au nom des FARDC, accuse les forces de défense rwandaises de soutenir les éléments qui ont attaqué les FARDC dans les régions de Tshanzu et Runyoni (RDC). Nous tenons à réfuter catégoriquement ces accusations sans fondement et affirmons que les RDF ne sont en aucun cas impliquées dans des activités belliqueuses à travers la RDC », peut-on lire dans le communiqué publié par les autorités rwandaises
Ces dernières reviennent également sur la présentation de deux soldats, présentés par le porte-parole du gouverneur du Nord-Kivu, qui selon elles ne sont aucunement des éléments de l’armée rwandaise. « RDF n’a pas d’éléments portant les noms présentés dans le communiqué susmentionné (ndlr communiqué porte-parole gouverneur). Il s’agit d’une tentative de manipulation de l’opinion en présentant deux individus arrêtés dans des circonstances obscures il y a plus d’un mois comme des éléments capturés lors des combats du 28 mars 2022 ».
Le Rwanda conteste par conséquent ce qu’il qualifie de fausses allégations, expliquant que les deux noms ont été déjà mentionnés par la délégation de l’armée congolaise et des renseignements lors de la réunion bilatérale RDC-Rwanda des équipes conjointes de renseignement tenue le 25 février 2022 à Kigali. Celui-ci révèle que les équipes de renseignement n’ont pas été autorisées par la suite à interroger ces personnes pour une évaluation conjointe, comme le veut la pratique.
« La RDC et le Rwanda ont mis en place des mécanismes de vérification au sein de la CIRGL et de manière bilatérale pour vérifier ces allégations, et la RDC aurait dû les activer si elle était de bonne foi » fustigent les autorités rwandaises qui demandent des enquêtes sur ces « accusations absurdes contre les RDF ».
Contexte
Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé avoir mis la main sur deux (2) militaires rwandais au cours des affrontements survenus tôt le matin du lundi 28 mars 2022 dans deux (2) localités de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu.
Selon le communiqué de l’armée qui fait cette révélation, il s’agit de l’adjudant Habyarimana Jean-Pierre, matricule AP 27779 et du soldat de rang Uwejeneza Muhindi John alias Jaze appartenant tous au 65e bataillon de la 402e brigade de l’armée rwandaise.
« (…) Ces deux sources crédibles précisent le nom de leur unité et l’identité de leurs commandants de bataillon (…) commandés respectivement par le lieutenant-colonel Rurindo Joseph et le général Nkubito Eugène sont basés à Jarama, au camp militaire Kibungo au Rwanda », écrit le général Ekenge Sylvain dans ce document dont une copie est parvenue à CONGORASSURE.CD
La présence des éléments de l’armée rwandaise aux côtés des rebelles du « Mouvement du 23 Mars » (M-23) a toujours été niée par Kigali. Cette capture est de « nature à jeter le froid sur les relations diplomatiques entre Kinshasa et Kigali ». Des relations qui se sont, en quelque sorte, normalisées depuis l’avènement de Félix Tshisekedi à la tête de la République Démocratique du Congo (RDC).
Daudi Amin et DM Ngovoka, NORD-KIVU