Ituri : L’ancien chef de guerre Yves Kawa Mandro a repris du service, révèle le gouverneur militaire
Alors qu’il était attendu à la table des négociations dans le cadre du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion communautaire, l’ancien seigneur de guerre Yves Kawa est pointé du doigt par les autorités militaires de la province de l’Ituri dans la résurgence de la milice dite Zaïre.
Dans une communication officielle mardi, se confiant à la presse, le gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya, a fait savoir que le chef Yves Kahwa est l’un des « instigateurs » de la milice Zaïre, accusée d’être responsable de plusieurs exactions dans le territoire de Djugu.
Un mandat d’arrêt est en cours d’émission contre ce chef traditionnel de la chefferie de Bahema-Banywagi, a déclaré Johnny Loboya, qui s’est dit surpris par la tournure des événements et a déploré les nombreuses attaques meurtrières dans sa juridiction, œuvres de groupes armés.
« Nous sommes surpris que seul le groupe Zaïre n’ait pas signé l’acte d’engagement alors que nous sommes en pourparlers, a expliqué le gouverneur militaire. Nous sommes surpris que le groupe qui a dit qu’il protégeait les victimes, maintenant c’est ce groupe armé qui commence à attaquer, à provoquer et aussi à tuer ».
D’après le lieutenant-général, il est légitime de s’interroger sur les raisons qui ont poussé le groupe armé Zaïre, qui disait se protéger, à monter encore d’un cran dans la violence et les attaques meurtrières et qui commence maintenant à tuer et à commettre des actes criminels. « C’est la grande question qui n’a pas de réponse parce que nous avons l’information, c’est Yves Kawa Mandro, chef qu’il est, il recrute, il mobilise, il appelle d’autres communautés à le rejoindre pour des raisons qu’il connaît lui-même parce qu’il parle de balkanisation ».
L’ancien chef de guerre Kawa a disparu des radars depuis mai dernier et demeure introuvable, selon plusieurs sources, dont des sources sécuritaires.Trois mois plus tard, un autre membre de sa famille vient d’être intronisé pour assurer l’intérim de l’ex-milicien désormais recherché par les autorités.
En 2014, alors qu’il était dans le box des accusés devant le tribunal militaire de la province Orientale avant le démembrement de cette juridiction, Yves Kawa Mandro avait été condamné à 9 ans de servitude pénale. À l’époque il avait été reconnu coupable de coups et blessures, d’assassinats, de participation à un mouvement insurrectionnel, de détention d’armes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Pour les mêmes faits, Yves Kawa avait été condamné en première instance en 2006 à 20 ans d’emprisonnement par le tribunal militaire de l’Ituri.