Départ de la MONUSCO de Butembo : Désengagement partiel ou fermeture du bureau ? Le flou persiste
On ne sait jusque-là pas dire si la jubilation de certains n’aura été que de courte durée. Au Nord-Kivu tout comme à Kinshasa, la communication des autorités provinciales au même titre que celle de la MONUSCO sèment plus de doutes qu’elles n’apportent d’éclairage sur l’avenir de la mission onusienne dans la ville de Butembo. Les « onusiens », comme on les appelle dans cette ville montagneuse de l’Est du pays, sont-ils partis ? vont-ils partir? ou alors ils sont encore là ?
La MONUSCO est encore à Butembo
Alors que les rumeurs sur un départ de la MONUSCO de la ville de Butembo s’amplifiaient depuis quelques jours, les précisions sont venues d’un des communicateurs de la mission : il ne s’agit en fait que de déplacements de certains éléments de la mission onusienne en RDC vers d’autres sites.
Il est de ce fait clair, si on en croit les informations venant de cette source, qu’il n’a jamais été question que les forces de l’ONU ferment complètement leurs portes dans la ville de Butembo, n’en déplaise à ceux qui se frottaient déjà les mains. La mission elle-même a tenu à le préciser en affirmant que les rumeurs sur le prétendu départ de ses casques bleus de la ville ont été malheureusement fabriquées de toutes pièces et propagées par des personnes aux objectifs obscurs.
C’est sous cet angle que Khady Lo, porte-parole par intérim de cette mission, est montée au créneau. Selon cette voix autorisée, il ne faut surtout pas confondre les mouvements de certains éléments onusiens vers un autre site avec la fermeture de la base de la MONUSCO. « Nous ne quittons pas encore Butembo, il s’agit plutôt d’un redéploiement de certains de nos équipements vers un autre site », a déclaré Khady Lo, assurant que la mission de l’ONU en RDC reste engagée à soutenir les forces de défense et de sécurité à Butembo tout comme dans d’autres agglomérations du Nord-Kivu.
Le gouverneur militaire parle de la fermeture du bureau
Alors qu’une source militaire de haut rang a également parlé d’un désengagement partiel de la MONUSCO à Butembo, le gouverneur militaire du Nord-Kivu a affirmé lors d’une conférence de presse le 18 août que le sous-bureau de la mission dans cette ville est fermé. Le gouverneur militaire, Ndima Kongba Constant, a invité cette population qui fait partie de la juridiction sous son autorité, à faciliter le retrait des équipes de la mission onusienne en leur garantissant le libre passage.
L’autorité provinciale a fait cette révélation alors qu’il faisait le point sur les manifestations populaires qui ont eu lieu dans la ville pour exiger le départ de la MONUSCO. Au delà de voir ses installations saccagées par des manifestants déchaînés, la mission a d’ailleurs également perdu trois de ses éléments lors de ces manifestations qui se sont muées en échauffourées. Le gouverneur militaire a par ailleurs rassuré qu’une réunion sera organisée entre le gouvernement provincial et la force onusienne pour trancher la question.
« En ce qui concerne le départ de la MONUSCO, nous avons également fait le tour de cette question. La MONUSCO est déjà partie. Nous allons rencontrer à Goma les responsables de la mission pour voir comment les évacuer. La MONUSCO est certainement venue prendre son personnel récemment, il y a peut-être eu un malentendu. La population croyait encore au renfort », a déclaré Ndima Constant annonçant le début de l’évacuation des agents qui se trouvent dans la ville de Butembo.
« Les quelques agents qui restent aujourd’hui à Butembo, je vous annonce que nous nous préparons ensemble pour que ce soit vraiment paisible. Ils seront encadrés par les forces de défense et de sécurité dans les prochaines heures pour chercher les agents qui sont à Butembo pour les évacuer », a-t-il également indiqué. Il a ajouté que l’agitation et la violence n’ont plus lieu d’être.
« Ils sont en train de sortir et je ne vois aucune raison pour qu’il y ait encore des troubles et des violences dans notre ville de Butembo. Nous demandons aux jeunes d’être vigilants, d’éviter toute manipulation et d’éviter toute action qui détourne les forces de défense et de sécurité de leur mission », a appelé le gouverneur du Nord-Kivu en concluant son adresse.
La population ne sait plus quoi penser
Pour l’instant, les habitants de Butembo semblent perdus dans ces communications vraisemblablement contradictoires. Dans l’opinion, une seule question se pose : que va-t-il advenir de la mission de l’ONU dans cette ville ? Va-t-elle fermer complètement ses bureaux ? Ou ne désengagera-t-elle qu’une partie de son personnel et de ses équipements ? Les autorités, devraient, selon l’avis de plusieurs, préparer conjointement une communication avec la MONUSCO pour dissiper tout malentendu.