Nord-Kivu : Trois mois après la chute de Bunagana, les autorités militaires promettent de reprendre la cité stratégique
La cité stratégique de Bunagana reste, trois mois après sa chute, aux mains du mouvement rebelle du 23 mars parrainé par le Rwanda voisin. Face aux inquiétudes exprimées par plusieurs segments de la communauté congolaise suite à la situation actuelle inchangée, les autorités militaires du Nord-Kivu disent être sur la voie de la reconquête de cette partie du pays.
Lundi 12 septembre, s’adressant à la presse à GOMA, fief de la province du Nord-Kivu, le gouverneur militaire Ndima Kongba Constant a assuré que l’armée gouvernementale est en passe de récupérer la cité de Bunagana. Cette agglomération du Nord-Kivu est contrôlée par les rebelles du M23 depuis le 13 juin 2022.
L’officier militaire affirme que les forces armées congolaises sont en pleine action. “Il s’agit de notre territoire. Nous devons récupérer la situation à tout prix”, a déclaré à l’assistance le lieutenant-général Constant Ndima Kongba.
L’assurance du gouverneur militaire intervient alors que de plus en plus d’acteurs de la société civile remettent en question les plans du gouvernement pour récupérer la zone. Beaucoup s’interrogent sur les artilleries utilisées par les deux belligérants, se demandant si l’artillerie du M23 a une puissance de feu supérieure à celle des FARDC, de sorte que l’armée régulière n’a pas pu récupérer Bunagana 90 jours plus tard.
Par ailleurs, une autre partie de la population demande de plus en plus à tous les politiciens, de tous bords, de travailler ensemble pour l’intérêt général du pays. Pour cette catégorie, toutes les stratégies et les idées doivent être mises en contribution pour reprendre le contrôle de la cité stratégique de Bunagana.
Du côté des autorités, on continue de balbutier et de multiplier les explications face au statu quo constaté sur le terrain. Au-delà de la complexité de la situation à Rusthuru, on parle de l’inefficacité de la mission de l’ONU en République démocratique du Congo.
A ce sujet, Vital Kamerhe, qui séjourne dans l’est du pays a déclaré que dans le dernier rapport présenté au Conseil de sécurité par la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU, celle-ci a fortement souligné que le M23 ne se comporte plus comme un groupe armé mais comme une armée conventionnelle.
Ce proche collaborateur de Félix Tshisekedi a rappelé que le mandat de la MONUSCO était de traquer les groupes armés. “Maintenant, le M23 se comporte comme une armée conventionnelle. Il y aura l’AGNU, nous voulons qu’ils disent clairement aux Congolais quel est le mandat donné à la MONUSCO pour en finir avec les dissidents du M23”, a indiqué Kamerhe.
Pour rappel, c’est dans la confusion la plus totale que, dans la nuit du 12 au 13 juin, la cité de Bunagana est tombée aux mains du M23 à l’issue des violents combats. Ce jour marque par le troisième mois depuis que Bunagana a échappé au contrôle des autorités de Kinshasa et de l’armée loyaliste.