Le CIDDHOPE au commandant PNC de Butembo : “Sécurisez la population de la ville dans le strict respect de la sacro-sainte présomption d’innocence”
Le Cercle International pour la Défense des Droits de l’Homme, Paix et l’Environnement (CIDDHOPE) appelle urgemment le Commissaire Supérieur de la Police Nationale Congolaise de la ville de Butembo M’polo Ngoma Di-Toto Jean-Paul à user des pouvoirs lui conférés par la loi pour sécuriser la population de la Ville de Butembo dans le strict respect des garanties constitutionnelles qu’il est appelé à respecter et à faire respecter.
De prime à bord, le CIDDHOPE remercie les services de sécurité de la ville de Butembo pour avoir mis les mains sur cinq (5) présumés voleurs qualifiés parmi eux deux enfants et un présumé receleur. Les enquêtes du CIDDHOPE renseignent que ces présumés voleurs opèreraient dans des quartiers de la ville de Butembo avec des pieds de biche appelé communément “Kasuku”.
En date du 26 septembre 2022, le Commissaire Supérieur M’polo Ngoma Jean-Paul a présenté ces cinq (5) détenus devant le public, les médiats et télévisions nationaux. Par la même occasion, ce dernier a fait la déclaration suivante : « Voici devant vous cinq (5) malfrats. Ces malfrats sont repartis en deux groupes ; le premier est composé de quatre (4) personnes poursuivies pour vol qualifié et association des malfaiteurs ; le second est constitué d’un receleur Monsieur Katembo Muhinda Prince, responsable du marché « Tora » donc c’est lui qui encourage le mal ; il a été dénoncé par ses vendeurs », et ce, en violation flagrante du sacro-saint principe de de la présomption d’innocence qui est l’une des garanties portées par la Constitution de la RD Congo en faveur de toute personne poursuivie pénalement, abstraction faite de la nature et de la gravité de la prévention.
“Le CIDDHOPE met à profit cette opportunité pour rappeler au Commissaire principal M’polo Ngoma Di-Toto Jean-Paul que le sacro-saint principe de la présomption d’innocence bénéficient aussi ces présumés voleurs. La présentation de ces personnes non encore condamnées par un jugement coulé en force de chose jugée devant les médias ou le public constitue un vice et une violation flagrante des instruments juridiques tant nationaux qu’internationaux de protection des droits de l’homme. Cette pratique, qui ne constitue en rien un élément de preuve, a déjà sapé la dignité de plusieurs personnes accusées d’actes délictueux. Elle a exposé les victimes non seulement au mépris public, mais aussi à la lapidation par la population, et ce, soit après un non-lieu du ministère public soit un acquittement au terme des jugements devant les Cours et tribunaux compétents,” indique le communiqué de presse publié vendredi 30 septembre 2022.
Le CIDDHOPE fait généreusement réminiscence au Commissaire M’polo Ngoma Di-Toto Jean-Paul, tous ses collègues OPJ et d’autres autorités politico-administratives à travers la RDC que le mode de la présentation des présumés auteurs des faits infractionnels au public en RDC n’est autre que l’organisation des audiences publiques conformes aux standards internationaux.