Sud-Kivu : Prétextant vouloir se rendre à la MONUSCO, des rebelles tuent un casque bleu à Minembwe
La mission onusienne en République démocratique du Congo (RDC) a perdu vendredi un de ses soldats dans la province du Sud-Kivu, dans le territoire de Fizi.
Plusieurs sources au sein des forces armées de la République démocratique du Congo ont annoncé la mort d’un soldat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) à Minembwe dans le territoire de Fizi, dans le Sud-Kivu.
Selon les différentes informations émanant de ces sources, le casque bleu a été tué par des rebelles présumés appartenant au groupe armé Twirwaneho-Makanika qui opère dans la région. Ces derniers ont utilisé une ruse, prétendant une reddition pour parvenir à leurs fins.
En effet, le lieutenant Jérémie Meya qui est le porte-parole de la 12e brigade d’intervention rapide des FARDC, affirme que les rebelles ont fait semblant de vouloir déposer les armes et d’aller chercher la protection de la MONUSCO. « Une équipe du groupe terroriste Twirwaneho Makanika a réussi à assassiner par ruse un soldat de la MONUSCO du grade de sergent vers 22 heures, heure locale. Les malfrats se sont présentés comme s’étant soi-disant rendus afin de bénéficier de la protection de la MONUSCO. Étant affecté à la garde, cet élément a voulu les accueillir dans le cadre de l’exercice de sa mission, ces rebelles ont tiré à bout portant sur lui et il est mort sur le coup » indique le militaire.
Le lieutenant qui explique que la mission onusienne est depuis quelque temps victime de menaces de la part de certaines personnes qui n’apprécient pas que les rebelles rendent leurs armes, indique également qu’après leur forfait, les assassins du soldat de la paix ont pris la fuite et se sont cachés. Dans la même veine, au nom de l’armée congolaise, l’officier militaire condamne cet incident et assure que les FARDC sont déterminées pour traquer et neutraliser les rebelles qui ont commis cet acte barbare.
De son côté, la MONUSCO confirme la perte d’un de ses éléments et condamne également l’attaque de sa base opérationnelle de Minembwe par des membres présumés du groupe armé Twirwaneho. Elle rappelle en même temps que les activités de désarmement des combattants qu’elle mène sont mandatées par le Conseil de sécurité des Nations Unies et conduites de manière impartiale sur une base volontaire.
Les attaques contre les soldats de la paix peuvent constituer un crime de guerre, maintient la MONUSCO, qui appelle les autorités congolaises à tout mettre en œuvre pour que les auteurs de cette attaque odieuse rendent des comptes. Tout en exprimant ses plus sincères condoléances à la famille et au pays d’origine du Casque bleu décédé, la MONUSCO affirme qu’elle reste déterminée à soutenir le gouvernement et le peuple congolais dans leurs efforts pour ramener la paix et la stabilité dans l’est du pays.
Le Twirwaneho, qui se présente comme le groupe d’autodéfense civile Banyamulenge et qui est accusé de l’assassinat, affirme ne pas en être l’auteur. Le groupe rappelle que cela intervient « après plusieurs manifestations contre la Monusco au Nord-Kivu, notamment à Goma et à Butembo et qui ont donné lieu à des attaques de bases de la Monusco par des manifestants armés ».
« Twirwaneho n’a aucune raison d’attaquer la Monusco car si les Banyamulenge vivent encore dans certains villages (Minembwe, Mikenge, Bibogobogo, Rurambo), c’est grâce à la présence de la Monusco », écrit le groupe pour justifier qu’il n’a aucune raison valable d’attaquer un élément de la mission de l’ONU en RDC.