Nyongera-Rutshuru : les déplacés du camp de Rwasa dénoncent leurs conditions de vie qui restent déplorables
Désolation et conditions de vie inhumaines, ce sont les premières impressions l’on se fait dès l’entrée au camp de déplacés de Rwasa, installé à Nyongera. Dans ce site qui se situe à environ 5 kilomètres à l’est de la cité de Kiwandja, c’est un nombre très important des déplacés qui ont y ont provisoirement élu domicile en attendant que la paix revienne dans leurs contrées respectives. En effet, craignant pour leurs vies, ils ont fui les affrontements entre les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda et les forces armées de la RDC sur plusieurs fronts dans les groupements de Jomba, Busanza, Bweza et Kisigari dans le territoire de Rutshuru.
Niyonzima Odette, une mère de huit enfants qui a fui les combats de Jomba, vit dans ce camp depuis deux mois. Selon elle, depuis son arrivée, elle est confrontée à une situation humanitaire des plus déplorables. En l’espace de deux mois, elle n’a reçu l’aide humanitaire que deux fois, en quantité insuffisante et pas assez pour satisfaire la faim de huit personnes à charge. « Quand nous sommes arrivés dans ce camp, nous avons laissé nos champs et tous nos biens pour être à l’abri des bombes et des meurtres que ces rebelles ont commis pendant la guerre à Bunagana. Étonnamment, ici aussi nous sommes soumis à une vie indigne des hommes. Imaginez passer près d’un mois sans nourriture, sans médicaments appropriés et surtout sans hygiène adéquate, c’est vraiment une épreuve pour nous, surtout pour nous les femmes », confie cette femme déplacée à CONGORASSURE.CD
Elle affirme également qu’il y a eu des cas de mort par famine dans ce camp depuis deux ans qu’elle est là, elle et tous les autres déplacés vivent entre désespoir et souffrance. « Cette personne venait de passer plus d’une semaine sans nourriture. Le jour où on nous a donné de la nourriture pour la première fois, elle a eu un trouble digestif qui a conduit à sa mort », explique-t-elle parlant du décès d’un des leurs et visiblement peinée par cette disparition.
Elle ajoute que la plupart d’entre eux sont contraints de vendre les quelques biens qu’ils ont pu emporter avec eux pour acheter de la nourriture dans un marché occasionnel mis en place par la population locale. Trouvant difficile de supporter la vie qu’elle mène, cette femme, comme plusieurs autres personnes déplacées dans le camp, aimerait voir leurs villages respectifs libérés par les FARDC afin qu’elles puissent retourner chez elles et reprendre leur vie rurale.
Ndezeyaremye Msabimana, originaire de Bunagana, soutient également que la situation dans ce camp est insupportable. Avec son enfant gravement malade, il n’a jamais eu de soins médicaux, à part l’aide alimentaire peu substantielle qu’il a reçue une fois pendant les plus de trente jours qu’il a passés à Rwasa avec sa famille. Ce déplacé à la tête d’un ménage demande au gouvernement congolais d’appuyer d’urgence sur l’accélérateur pour apporter une aide humanitaire afin de les sortir de l’abîme dans lequel ils s’enfoncent en raison de la situation humanitaire fragile dans laquelle ils vivent. D’autre part, il appelle le régime de Kinshasa à tout mettre en œuvre pour pacifier le territoire de Rutshuru qui reste la proie des rebelles du M23.