Nord-Kivu : le Kenya rapatrie son matériel militaire, pendant ce temps les combats se concentrent sur le front sud
Le Kenya a rapatrié ses matériels militaires déployés sur le sol congolais dans le cadre de la force régionale est-africaine, en attendant le lancement officiel de cette force dans l’est de la République démocratique du Congo.
Kinshasa, par la voix du porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya souligne avec une forte conviction l’engagement du Kenya et indique que ce rapatriement s’explique en partie par le fait que le président William Ruto est occupé à former son gouvernement quelques mois après son élection à la tête du Kenya.
Outre cela, pour le ministre Muyaya le rapatriement de ces matériels fait partie de la routine normale car ces matériels sont venus avec une spécialité en attendant l’installation à Goma du quartier général de la force régionale. Convaincu de l’engagement renouvelé du Kenya auprès du président français Emmanuel Macron, médiateur du conflit entre la RDC et le Rwanda en raison du soutien présumé de Kigali aux forces rebelles, les troupes est-africaines seront déployées très prochainement dans le cadre convenu des forces régionales.
Jean-Claude Katende, défenseur des droits humains et président national de l’Asadho a pour sa part déclaré que le retrait du matériel militaire du Kenya montre la fragilité de la solution internationale ou régionale à l’insécurité à Est. « On peut minimiser ce retrait, mais on doit savoir que seules la détermination et la stratégie nationales donneront des résultats attendus par tous les congolais » a-t-il expliqué.
Entre-temps, le M23 continue d’occuper la cité de Bunagana depuis près de cinq mois et les affrontements se poursuivent sur plusieurs fronts dans le territoire de Rutshuru. D’un côté, des avancées significatives ont été réalisées par les FARDC, notamment sur le front nord-est, tandis que du côté sud, les combats semblent s’inscrire dans un cercle vicieux depuis que l’armée loyaliste a fait un repli stratégique de la localité de Ntamugenga.
Cette situation a des répercussions sur les villages voisins situés à au moins cinq kilomètres de Ntamugenga sur la route nationale numéro 2. Depuis dimanche dernier, les habitants de Kako, Kalengera et Rubare vivent dans une panique généralisée et certains ont tout simplement abandonné leurs maisons en direction de Rutshuru, Kiwandja et Goma pour se mettre à l’abri craignant une probable avancée des rebelles qui tentent de couper la connexion entre Goma et le reste de la province via cette route. Jusque-là ces rebelles soutenus clairement par les rwandais se heurtent à la résistance et à la puissance de feu des forces armées de la RDC.
Par ailleurs, plusieurs analystes s’interrogent sur le rapatriement de ces matériels par la force régionale alors que la menace semble prendre une autre tournure. Ils appellent les autorités de Kinshasa à prendre le problème au sérieux et surtout à ne faire confiance à personne.
En ce moment, il est par ailleurs impératif que la population congolaise apporte son soutien sans faille aux FARDC pour espérer gagner la guerre afin de ne pas tomber dans le piège de l’histoire qui a conduit à la chute de la ville de Goma aux mains du mouvement du 23 mars en 2013 avec Bosco Ntaganda et Soultani Makenga.