Ituri : l’OCHA note une difficulté d’accès Humanitaire en territoires de Mambasa, Djugu, Mahagi et Irumu suite à la présence des hommes armés
Le bureau de coordination des affaires humanitaires OCHA note avec inquiétude les violences armées et les restrictions de mouvement des Humanitaires suite notamment à la présence de barrières illégales qui affectent les territoires de Mambasa, Djugu, Mahagi et la partie sud du territoire d’Irumu en Ituri.
Dans son rapport parvenu à CONGORASSURE.CD, l’OCHA indique que les axes Komanda-Lolwa-Mambasa( sur la RN4), Bambu-Mangala, Mongwalu- Damas, Lengabo-Sidabo, Marabo-Sezabo (sur la RN27) restent touchés par la persistance d’insécurité, entravant momentanément les opérations humanitaires.
Au moins cinq acteurs ont dû suspendre pendant plus de 72 heures leurs interventions dans les secteurs de nutrition, eau, hygiène, assainissement et sécurité alimentaire, affectant ainsi l’accès à l’aide humanitaire à environ 100 000 personnes vulnérables notamment dans les zones de santé de Fataki, Nizi dans le territoire de Djugu.
Il plaide cependant au près des autorités compétentes pour le renforcement de la sécurité dans la zone et notamment sur les RN4 et RN27.
Il est aussi à souligner que plus de 192.000 personnes déplacées, retournées et vulnérables dans les zone de santé de Bambu, Kilo, Mongbwalu et Damas dans le territoire de Djugu restent largement dépourvues d’intervention humanitaire depuis octobre 2021 à cause des restrictions d’accès humanitaire due aux affrontements entre les groupes armés. En début septembre, environ 23 000 personnes nouvellement déplacées dans ces zones sont aussi affectées par cette situation.
La zone de santé de Kilo avait bénéficié au mois d’octobre une distribution après une série de plaidoyers au près des autorités locales et territoriales de la région. Des violences contre les acteurs humanitaires et leurs biens continuent d’être rapportées. Le 21 septembre, un convoi de deux véhicules d’une Agence des Nations-Unies a été victime d’une attaque par des éléments armés à environ 30 km de Komanda dans le territoire d’Irumu. Ce premier incident, enregistré sur cet axe depuis mai 2022, n’a pas impacté le projet de cette agence, mais a davantage fragilisé l’environnement opérationnel dans une zone d’intervention déjà à haut risque.
La présence de barrières illégales entrave les mouvements des humanitaires. La Zone de santé de Drodro compte au moins six check-points érigés par des hommes armés sur le tronçon Lona – Saliboko, exposant parfois les humanitaires à de longues et dangereuses négociations, souligne ce rapport.
Dans la Zone de santé de Rethy, trois organisations humanitaires ont été soumises à des paiements de sommes d’argent, notamment dans les aires de santé de Bbala et de Mbr’bu, dans le Secteur de Walendu Pitsi. À la suite de ces contraintes, certaines ONG, notamment nationales, ont réduit leurs mouvements dans ces zones, affectant la réponse à environ 65 000 personnes déplacées et autres vulnérables.
OCHA a mené un plaidoyer au près de l’Administrateur du territoire de Djugu pour la sécurisation des axes susmentionnés. De plus, OCHA a coordonné l’élaboration d’un plan d’action pour des sensibilisations coordonnées des communautés locales et des éléments armés dans la zone.
Une accalmie précaire s’observe depuis un moment dans les régions de Djugu, Mahagi,Mambasa et Irumu mais la présence des groupes armés est toujours visible. Ces derniers attendent la concrétisation du programme DDRC-S.
Dans une partie d’Ituri et de Mambasa par contre, des ADF continuent d’inquiéter la population avec des actes de pillages et kidnapping.