Sud-Kivu: l’activisme des groupes armés entrave les opérations humanitaires dans plusieurs entités (OCHA)
Dans la province du Sud-Kivu, l’accès humanitaire demeure affecté par des affrontements armés, des restrictions de mouvement et barrières illégales ainsi que des manifestations populaires, affirme OCHA.
À en croire la même source, la situation sécuritaire dans certaines agglomérations s’est empiré depuis le lancement des opérations militaires dans les hauts et moyens plateaux de Mwenga et Uvira et qui sont conjointement menées par les forces armées de la RDC et la force de défense nationale du Burundi (FDNB).
En effet, craignant les confrontations directes plusieurs éléments armés se sont éparpillés au sein des populations civiles et certains ont profité des vides sécuritaires pour renforcer leur présence sur des axes comme Rurambo-Rubuga, Masango-Magunda et Magunda-Lubumba.
Suite à ce contexte sécuritaire tendu, les incidents contre les humanitaires se sont ainsi multiplié en rendant de plus en plus difficile les opérations humanitaires et en privant l’assistance humanitaire aux personnes vulnérables, indique OCHA.
» Le 28 septembre, un groupe armé a retenu pendant plusieurs heures une équipe d’une ONGI sur l’axe Abala – Tuwetuwe, la soupçonnant d’espionnage. Après leur libération, les agents de cette ONGI ont dû annuler l’intervention dans la zone. A Bijombo, un infirmier a été arrêté au mois de septembre par la force conjointe FARDC-FDNB, soupçonné d’espionnage pour un groupe armé. Sa libération est intervenue seulement trois jours plus tard, » renchérit OCHA.
Les écoles ainsi que les installations sanitaires ne sont pas épargnées ; entre le 23 et le 24 septembre, au moins une école à Itombwe a été occupée par un groupe armé.
OCHA craint également que d’autres installations scolaires, sanitaires et autres structures sociales soient occupées par des éléments armés pendant les opérations et affrontements armés que persistent surtout que plusieurs écoles et structures médicales ont fermé à Itombwe et dans les Hauts Plateaux de Lemera et Kigoma à la suite de menaces grandissantes des affrontements armés dans ces zones.
Toutefois, le bureau de la coordination des affaires humanitaires note aussi la recrudescence des cas de violences contre le personnel ou les biens humanitaires ont été enregistrés.
« Deux travailleurs humanitaires ont été victimes d’une embuscade des éléments armés d’un groupe d’auto-défense le 3 septembre dans la Zone de santé de Kimbi-Lulenge (Fizi). Les victimes transportaient des kits destinés aux Enfants Associés aux Forces et Groupes Armés (EAFGA). Tous ces kits ont été emportés par des assaillants. L’absence des FARDC dans la zone depuis janvier offre un terrain propice aux incidents sécuritaires contre les humanitaires », précise OCHA.
Notons que, en plus du plaidoyer pour un redéploiement des FARDC, OCHA tient à organiser une série des sensibilisations sur les principes humanitaires avec les leaders communautaires dans la zone et ce, dans le but de palier à cette difficulté qui handicape les opérations humanitaires dans cette partie du Sud Kivu.