Pour le président burundais, au nom de la « solidarité », les forces de l’EAC resteront en RDC jusqu’à ce que Kinshasa dispose d’une armée capable de protéger tout le monde
A l’ouverture du dialogue de Nairobi sur la pacification de l’est de la République démocratique du Congo, le président burundais Evariste Ndayishimiye, actuel chef de l’EAC, a pris la parole. Le Burundais a tenté tant bien que mal de rassurer les Congolais, indiquant que les forces des pays membres de l’EAC sont en RDC pour leur protection.
Le Burundais Evariste Ndayishimiye a déclaré le lundi 28 novembre 2022 que ceux qui ont pris les armes en RDC pour se défendre n’ont plus raison car les troupes des pays membres de l’EAC sont là pour protéger les congolais . « Les armées de la région resteront avec vous pour assurer votre sécurité jusqu’à ce que les autorités de la RDC arrivent à former une armée et une police qui protègent tout le monde », a déclaré le président burundais, s’adressant aux populations congolaises.
À l’en croire, la crise sécuritaire en RDC a entraîné une détérioration de la situation humanitaire dans l’est du pays, avec des effets néfastes dans la région et surtout dans les pays frontaliers.
« Non seulement ces pays ont supporté le poids du déplacement massif des Congolais, mais aussi les criminels transnationaux ont trouvé en RDC un environnement pour se réfugier en toute impunité », a ajouté Evariste Ndayishimiye, pour qui il est temps que le processus de rapatriement des combattants étrangers soit également accéléré. « Et nous allons nous occuper d’anéantir les groupes terroristes qui vivent dans cette région ».
Ndayishimiye estime que cela fait partie de la solidarité de toute la région de l’Afrique de l’Est pour aider cette partie de la RDC à retrouver la paix. C’est aussi un défi pour la communauté internationale, car, explique le président burundais, le retour à la paix implique le début du processus de désarmement, démobilisation et réintégration.
« Le retour de la paix en RDC doit également avoir un impact sur les pays voisins, qui doivent aussi participer au rapatriement des combattants des forces négatives étrangères dans la région. C’est pourquoi la région demande à la communauté internationale d’être prête à la soutenir dans ce processus », déclare -t-il, appelant au passage l’ONU à soutenir financièrement le processus de Nairobi, et, d’apporter un soutien logistique à ce qu’il appelle « le dialogue inter-congolais ».
L’opposition congolaise en colère
Après cette déclaration du président burundais, Evariste Ndayishimiye, plusieurs opposants congolais sont montés au créneau pour dénoncer les visées de toutes ces forces régionales en RDC. Pour la plupart de ces opposants, le pouvoir en place est à blâmer. Ils pointent notamment le rôle joué selon eux par le président de la République.
Pour Patrick Mundeke, conseiller de la jeunesse de Moise Katumbi, Félix Tshisekedi est venu consacrer la domination du Congo. « Maintenant que tout le monde est assis sur une part du gâteau, ils voudront rester le plus longtemps possible », a-t-il déclaré. L’opposant appelle la population congolaise à arrêter « ces bêtises ». « Vivement 2023 » insiste-t-il, faisant référence aux élections qui se profilent à l’horizon.
M. Mundeke ajoute par ailleurs que la personne qui est derrière la légalisation de l’occupation de la république « doit être pendue ». « S’il y a un moment où les Congolais doivent dire stop, c’est maintenant. Le pouvoir de l’UDPS est une grande catastrophe », dit-il, très en colère.
Un autre opposant, cette fois de la formation politique de l’ancien président Joseph Kabila, estime que la déclaration du président burundais est une insulte.
« C’est une insulte, et si notre armée est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, c’est à cause du régime en place. Joseph Kabila Kabange a laissé à notre armée la 8e force militaire au niveau continental, et aujourd’hui elle perd sa force à cause de la mauvaise gouvernance du régime actuel », explique-t-il.